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La technologie peut-elle contribuer à réduire les inégalités d’accès à l’éducation ?


Soutien scolaire, une éducation à deux vitesses ?
Dans notre société, l’accès à l’éducation détermine plus que jamais les opportunités dont on bénéficie au cours de sa vie professionnelle. Les parents recherchent donc le meilleur niveau de formation possible pour leurs enfants : 53% des Français placent la réussite scolaire de leurs enfants comme leur préoccupation première (étude TNS Sofres), ce qui alimente le marché du soutien scolaire et ses 2 milliards d'Euros annuels.
Le soutien scolaire n’est évidemment pas une alternative à l’Education Nationale, qui reste garant de la qualité de l’éducation de nos enfants. Cependant, selon la lettre VST de décembre 2006 « 80% des parents enquêtés estiment que le soutien scolaire a permis d'améliorer le niveau scolaire de leur enfant ». Bien qu’on puisse débattre de l’impact du soutien scolaire sur le progrès d’un enfant, il n’en reste pas moins qu’il s’établit un fossé économique entre les parents qui peuvent offrir à leurs enfants une aide scolaire, et ceux qui verront malheureusement les chances de leurs enfants amenuisées - les heures de soutien gratuites promises par le ministère de l’Education Nationale devant atténuer le déséquilibre - .



D’autres inégalités existent : nombre de parents ne connaissent pas les filières de recrutement des professeurs particuliers et ne savent pas comment les évaluer. De même, les parents habitant dans des banlieues difficiles d’accès, ou en milieu rural, ne bénéficient pas, ou moins facilement, du même accès au soutien scolaire.
Quelle place réelle pour les nouvelles technologies dans l’éducation ?
Les nouvelles technologies promettent depuis longtemps de révolutionner l’enseignement. Certains usages ont complètement intégré notre mode de vie : les élèves d’aujourd’hui auraient du mal à se passer de l’Internet pour leurs recherches documentaires par exemple. Mais de nouvelles applications vont profondément changer la donne.
Grâce aux récents progrès technologiques, il est désormais possible de donner des cours véritablement interactifs par Internet, en utilisant son micro, sa webcam, et un tableau blanc interactif (TBI) partagé. La classe virtuelle permet de s’affranchir des barrières géographiques, en instaurant un réel échange pédagogique. Les élèves de tous horizons, équipés d’une connexion Internet, reçoivent de l’aide sur leurs devoirs, à la dernière minute, où qu’ils soient, pour des sessions d’un quart d’heure ou de deux heures. Le professeur ne se déplace plus, il peut donc facturer moins cher de l’heure, et ne facture que le temps effectif. La session d’enseignement peut être enregistrée et revue à tout moment par l’élève. Un nouveau mode complémentaire d’aide aux devoirs, qui ne se substitue pas au soutien scolaire présentiel.
On peut alors se demander si ces places de marché vont accentuer les inégalités d’accès au soutien scolaire. Va-t-on avoir d’un coté les foyers aisés dotés d’un nouvel avantage, et de l’ autre, les ménages plus modestes laissés de côté par le progrès ? Comme beaucoup d’innovations, c’est l’utilisation qu’on en fait qui apporte une réponse. Le modèle économique le plus répandu consisterait à extraire un maximum de la valeur créée : facturer autant que possible au parent, et payer le professeur particulier un minimum. Dans ce scénario, ni le parent, ni l’élève, ni le professeur ne voit une réelle amélioration de sa situation. Les inégalités se creuseront inexorablement.
Un modèle économique plus équitable est possible !
Lorsqu’il s’appuie sur des modèles communautaires, Internet peut être un véritable facteur de réduction des inégalités. Rien n’empêche de faire de même dans le soutien scolaire. Quid d’une communauté où élèves et professeurs, aux compétences vérifiées, s’inscrivent, passent leur annonce, négocient directement leurs tarifs et horaires, et se retrouvent dans une classe virtuelle pour un réel échange pédagogique ? Bref, un système plus équitable où aucune commission n’est prélevée sur les revenus des professeurs particuliers, souvent des étudiants du supérieur qui cherchent à financer leurs études.
En proposant un niveau d’accès gratuit permettant aux professeurs et élèves de tester l’outil, et des services supplémentaires sous forme d’abonnements à des prix accessibles (moins de 10 Euros/mois), il est possible d’envisager un modèle communautaire rentable, qui offre aux parents et aux élèves un soutien scolaire flexible, économique, de qualité, et à des professeurs particuliers de tirer des revenus de leur savoir. Dans ce scénario, les avantages d’Internet reviennent pleinement aux élèves et aux professeurs, réduisant ainsi les inégalités d’accès : vingt minutes d’explication avec un professeur étudiant en grande école reviennent en moyenne à 5 Euros !
Bien sûr, l’équipement des ménages devra être favorisé, ce qui va dans le sens du plan France Numérique 2012, mis en œuvre par Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d'État chargée de la prospective et du développement de l'économie Numérique. Cette technologie bénéficiera alors également à l’enseignement traditionnel.
Le contexte actuel de pandémie a mis en évidence l’intérêt des dispositifs à distance. Au delà des cours enregistrés, un contact en temps réel et interactif entre l’enseignant et sa classe manqueront cruellement. Donner gratuitement accès aux enseignants de l’éducation nationale aux classes virtuelles et leur permettre de garder un lien interactif avec leurs élèves constitue une solution de l’Internet communautaire.
En dehors du contexte de la grippe A, l’utilisation des classes virtuelles s’imposera progressivement, en complément des cours physiques. Ces classes pourront également servir à des groupes de travail virtuels entre étudiants, des classes multi-géographiques pour l’enseignement des langues et l’échange culturel. Elles sont déjà utilisées dans les pays comme l’Inde pour démocratiser l’accès à l’éducation. Il n’est que temps de s’en servir en France pour garantir à tous l’accès au soutien scolaire.
A propos de Kemal El Moujahid

Diplômé de l’Ecole Polytechnique en 1997 et de Telecom ParisTech en 1999, il entame sa carrière dans le conseil en stratégie chez Bain&Co, où ses clients sont des acteurs des services financiers et des médias. Il quitte Bain&Co en 2003 pour suivre un MBA à l’université de Stanford, avec une spécialisation dans le domaine de l’entreprenariat. En 2005, de retour en France, il crée une première entreprise, Cobra Fleet Management, distribuant des solutions de Gestion de Flottes Automobiles par GPS/GPRS. En 2007, il donne vie à une idée qu’il a eue 10 ans auparavant, en créant Teacheo, une communauté de soutien scolaire par vidéoconférence, véritable innovation sur le marché du soutien scolaire. La technologie Teacheo, se basant sur un Tableau Blanc Interactif Partagé, permet un réel échange interactif entre élève et professeur par Internet, sans déplacement.

A propos de Teacheo
Fondé en 2007 par Kemal El Moujahid, Teacheo est une communauté du soutien scolaire par Internet. Sur cette plateforme, les élèves, allant du collège aux études supérieures, prennent des cours particuliers avec des professeurs étudiants en Grandes Ecoles ou de l’Education Nationale. Les cours ont lieu par vidéoconférence : le professeur et l’élève se parlent et échangent sur un Tableau Blanc Interactif Partagé, mais tout se passe sur internet, sans avoir besoin de se déplacer ! Sans inscription, sans frais, sans délai pour les élèves. Sans commission, sans intermédiaire, sans tarification imposée pour les professeurs.
Teacheo, c’est aussi un lieu d’échange où les élèves peuvent poser des questions aux professeurs, consulter des ressources pédagogiques et prendre conseil auprès des étudiants et professeurs de la communauté. Aujourd’hui Teacheo compte 300 professeurs issus des Grandes Ecoles: Ecole Polytechnique, Ecole Centrale, Telecom Paristech, HEC, ESSEC, qui enseignent les mathématiques, les sciences physiques, chimie, Français, Anglais, de la sixième à la terminale.
Technologie propriétaire reconnue, finaliste du Red Herring 100 en 2009, sélectionnée par la pépinière Paris Innovation, lauréate de Paris Entreprendre. Teacheo est également soutenue par la Mairie de Paris, Oséo, et de Paris Tech.
Effectif : une dizaine de personnes

Vendredi 25 Septembre 2009 - 00:00



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