Le "Born this way Ball", le nom de la tournée mondiale de Lady Gaga, tirée de son dernier album "Born this way", est conçu davantage comme un spectacle musical que comme un simple concert. Danseurs et musiciens évoluent autour d'un immense château-fort installé au centre de la scène et le concert suit un scénario inspiré des romans d'anticipation. Lady Gaga, dans le rôle de l'héroïne, y combat "Mother G.O.A.T", sorte de double maléfique dont le visage enfermé dans une cage en forme de diamant flottant au dessus de la scène apparaît régulièrement pour faire avancer le récit. C'est dans cette ambiance décalée et onirique que Lady Gaga a lancé samedi soir en plein Stade de France, devant 75.000 personnes, une ode aux différences.
"Que vous soyez homosexuel ou hétérosexuel, que vous croyiez en Dieu ou non, peut-être êtes-vous musulman, cela n'a pas d'importance. Tout ce qu'on dit sur vous, vous vous en f..., parce que c'est ce que vous êtes", a-t-elle lancé, martelant le message de "Born this way".
Les cadeaux décalés des spectateurs
La mise en scène était spectaculaire pour ce concert au Stade de France - le cinquantième organisé dans l'enceinte depuis sa création. La diva américaine aux longs cheveux platine a enchaîné les tubes ("Telephone", "Poker Face", "Bad Romance", "Judas", Born This way") et les costumes à un rythme effréné, transposant sur scène les coups d'éclat qui ont fait sa réputation. Virginale, elle est sortie d'un cocon en robe de latex blanche, a fait corps avec une moto comme sur la pochette de son dernier album, s'est trémoussée dans une imitation de sa robe en viande, a exhibé ses fesse moulées dans des bas résilles et sa culotte en dentelle... Qu'importe si le play-back était omniprésent, le public s'est montré ravi.
La diva a aussi pris soin de ses "petits monstres", le surnom qu'elle donne à ses fans, les remerciant d'avoir pris la peine d'acheter un billet. Elle a pris de longs moments pour admirer, non sans humour, les cadeaux jetés à ses pieds par des spectateurs, des plus courants (T-shirts, peluches, poupées Barbie qu'elle a démembrées consciencieusement) au plus incongrus (un caleçon d'homme qu'elle a reniflé et même un godemiché).
L'Américaine a multiplié aussi les déclarations d'amour à la France, vantant un Paris de carte postale où l'on mange du "saucisson" et des "sandwiches au jambon", fredonnant le refrain de "Padam, Padam" ou enroulant autour de son cou un drapeau tricolore "comme un carré Hermès". Car Lady Gaga, perchée sur de hautes cuissardes Louboutin, est une fashionista. Elle a profité d'ailleurs du concert pour distiller des anecdotes sur ses amis stylistes et saluer longuement Marc Jacobs et Azzedine Alaïa qui, à quelques jours de la Fashion Week, ont fait le déplacement au Stade de France pour la voir.
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