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Les Promesses de l'ombre - Edition Collector




Noël à Londres. Après la mort d’une jeune accouchée de quatorze ans, une sage-femme, Anna (Naomi Watts), tente de retrouver la famille du nourrisson à l’aide du journal intime de l’adolescente, écrit en russe. Sans savoir où elle met les pieds, elle entre en contact avec un chef de la mafia russe (Armin Mueller-Stahl). Ce restaurateur affable et cultivé dirige en douce mais fermement un réseau de proxénètes, avec son fils ingérable (Vincent Cassel, excellent) et un homme à tout faire pour le moins troublant (Viggo Mortensen)... En 2007, deux ans après le remarquable A History Of Violence, David Cronenberg revenait en force avec un nouveau thriller classique, sombre et sauvage, d’après un scénario très documenté de Steven Knight (Dirty Pretty Things). Les promesses de l’ombre (Eastern Promises) explore le milieu de la mafia russe implantée à Londres, et notamment celui des vori v’zakone (voleurs dans la loi) tatoués sur tout le corps et obéissant à un code de conduite très particulier. Cette plongée dans le crime se fait au travers de la quête du personnage innocent d’Anna, agneau jeté dans une meute de loups. Aveuglée par son désir d’enfant et liée par une certaine solidarité à la jeune morte, elle comprend, mais trop tard, dans quel guêpier elle s’est fourrée. David Cronenberg filme en virtuose ce conte (de Noël) shakespearien et biblique, portée par des acteurs prodigieux dont un Viggo Mortensen tout bonnement extraordinaire, salué par une nomination à l’Oscar 2008. La violence crue, animale, ne fait que renforcer l’émotion qui émane de ce film organique et totalement captivant. On notera la présence, dans le rôle de l’oncle d’Anna, du talentueux réalisateur polonais Jerzy Skolimowski (Deep End, Travail au noir…).

Interactivité : 4/5
Si le making-of laisse sur sa faim quant aux ambitions de David Cronenberg, on apprécie en revanche la longue interview de Pierre Lorrain, écrivain et politologue spécialiste de la Russie, qui s’attarde sur les vori v’zakone, les tatouages, la mafia russe à Londres et la crédibilité du film (même la presse russe a salué la performance de Viggo Mortensen, et son accent très convaincant). En Russie, le film a été exploité sous le titre Prophète à l’exportation. Le double-DVD inclut également un reportage sur le tatouage dans les prisons russes et offre des fonds d’écran et le dossier de presse à imprimer.
Image et son : 5/5
Un ensemble magnifique, même si on regrette que la piste 5.1 DTS soit attribuée à la version française (l’accent ukrainien travaillé de Viggo Mortensen s’apprécie en VO).

Dimanche 29 Juin 2008 - 04:26
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