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Les aéroports fermés jusqu'à mardi, d'autres rouverts pour rapatrier




Une légère éclaircie dans le ciel européen, mais, même si elle se confirme, il faudra tout de même plusieurs jours pour résorber l'afflux de voyageurs. Car l'ampleur de la paralysie dans les aéroports européens est inédite : "l'impact dépasse celui de 2001 en termes de vols annulés et d'inconvénients causés aux aéroports", selon l'Organisation de l'aviation civile internationale.  Rencontres sportives repoussées (avec des conséquences plus ou moins graves : voir la vidéo), réunions politiques déplacées, événements internationaux chamboulés... Nous vivons le pire blocage de l'histoire du transport aérien avec ce nuage géant de poussières volcaniques venues d'Islande.

Depuis jeudi, les compagnies aériennes ont déjà été contraintes d'annuler près de 63.000 vols, selon Eurocontrol, avec une perte près de 150 millions d'euros par jour. Et la pagaille s'est installée. Si le secrétaire d'Etat espagnol aux Affaires européennes a affirmé au sortir d'une réunion avec les responsables d'Eurocontrol que 50% des vols prévus en Europe pourraient être effectués lundi, difficile de savoir quand tout va rentrer dans l'ordre. D'autant que les vents devraient continuer à souffler le nuage vers l'Europe pendant plusieurs jours au moins (lire notre article), le tout en plein chassé-croisé des vacances et grève SNCF. Et voilà le système D pour partir ou rentrer qui fonctionne à plein (lire notre article)


Avions cloués au sol en France : le détail

Dans l'hexagone, la situation évolue d'heure en heure. Tous les aéroports de métropole au Nord de l'axe Bordeaux-Marseille sont fermés et ce jusqu'à mardi matin, a annoncé dimanche soir François Fillon, après une nouvelle réunion exceptionnelle à Matignon avec les responsables concernés. Car, a ajouté le Premier ministre : "les conditions météorologiques laissent penser que la situation sera encore difficile pendant plusieurs jours". "Les aéroports au sud de cette ligne sont ouverts, fonctionnent et nous allons profiter de cette situation pour rerouter un maximum de vols à partir de ces aéroports ou au départ de ces aéroports, ce qui va permettre de rapatrier le plus grand nombre possible de nos concitoyens", a-t-il ajouté. Les aéroports du sud-ouest de la France ont en effet fermé à 14h dimanche pour rouvrir une heure plus tard. Une légère diminution de la zone contenant des cendres volcaniques a été constatée dimanche par les météorologistes dans le sud-ouest de la France. Ceci explique cela : les aéroports de Marseille, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Pau, Tarbes, Biarritz, Perpignan et de Corse sont donc ouverts jusqu'à lundi 15h au moins. Les 4 aéroports corses (Ajaccio, Bastia, Figari et Calvia) n'ont jamais fermé. Mais, gros bémol : seuls les avions de tourisme sont autorisés, les vols commerciaux étant annulés. Pour répondre à ces fermetures, la SNCF propose de son côté 8.000 places supplémentaires lundi vers l'international.

Et "si les conditions météorologiques le permettent", Air France a annoncé de son côté l'arrivée lundi de neuf vols long-courriers dans des aéroports de province. Ces vols seront en provenance de Port-Harcourt/Lagos, New York, Johannesburg, Cayenne, La Havane, Beyrouth, Damas, Séoul et Pékin. D'autant que plusieurs grandes compagnies aériennes européennes ont effectué des vols tests pour mesurer l'impact du nuage, estimant que les autorités de l'aviation civile avaient peut être sur-réagi (lire notre article). Or le premier vol d'évaluation à basse altitude d'Air France "s'est déroulé dans des conditions normales" entre les aéroports de Paris-Charles de Gaulle et Toulouse-Blagnac. Mais ces vols ne conduiront pas à la réouverture de l'espace aérien européen, a déclaré dimanche le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo. Explication de François Fillon : "ces tests, s'ils sont positifs, vont permettre de déplacer à vide des avions qui sont aujourd'hui bloqués en région parisienne pour aller les positionner sur ces plate-formes et augmenter nos capacités de transport".


Pour la suite, la réouverture du ciel français pourrait encore être décalée, le nuage de cendres ne se résorbant pas et se déplaçant très lentement à cause du peu de vent. Sans compter l'effet de domino que ne manquera pas d'engendrer sur plusieurs jours la reprise des vols, comme l'a souligné Dominique Bussereau. Rien qu'à Marseille et Nice, le trafic reprenait au ralenti dimanche. A Marignane, 11 vols au départ et 11 à l'arrivée étaient prévus jusqu'à minuit, selon un porte-parole de l'aéroport Marseille Provence. Il s'agissait de vols au départ ou en provenance de Corse, et de charters au départ ou en provenance du Maroc et de la Tunisie, où des vacanciers étaient restés bloqués. "Ce n'est pas parce que l'aéroport a rouvert que tous les vols ont repris. Pour ceux réservés aujourd'hui et demain, les voyageurs doivent se renseigner auprès de leur compagnie pour savoir si leur vol sera opéré ou pas", a souligné le porte-parole.


50.000 à 150.000 Français bloqués ailleurs

Le gouvernement français réfléchit donc aussi à la possibilité de mobiliser des aéroports militaires pour augmenter les capacités de rapatriement de voyageurs. D'autant que Dominique Bussereau estime au "pifomètre" que 150.000 Français sont bloqués à l'étranger. Un chiffre que ne partage pas son collègue du Quai d'Orsay Bernard Kouchner. Interrogé sur le nombre de Français bloqués, il est resté prudent : "100.000 ou 50.000, c'est très difficile de savoir", a dit le ministre des Affaires étrangères, après avoir assuré dimanche que tous les consulats français sont "en alerte" et "répondent", grâce à des permanences téléphoniques, aux voyageurs bloqués. Il y a ceux qui sont coincés ailleurs, mais il y a aussi les étrangers qui cherchent à quitter la France. Dominique Bussereau a par ailleurs annoncé des hébergements gratuits en France. Le gouvernement doit les mettre en place "pour des gens qui n'ont plus d'argent pour aller à l'hôtel".


Le Premier ministre avait par ailleurs rappelé samedi que "les passagers voyageant sur les compagnies aériennes européennes ont notamment droit au remboursement de  leur titre de transport ou au réacheminement par leur compagnie" (Pour plus d'information, cliquez-ici). Les tours-opérateurs ont d'ailleurs demandé au gouvernement de les aider à rapatrier ces clients bloqués à l'étranger. Ce qui donne lieu à un début de polémique, le secrétaire d'Etat aux Transports ayant répondu que ce n'était "pas l'affaire du gouvernement"... avant les annonces de dimanche. Quant au coût, un groupe de travail sera mis en place à Bercy au début de la semaine pour évaluer les conséquences économiques de la fermeture de la plupart des aéroports français, a annoncé le ministre de l'Ecologie. 



Ailleurs en Europe, ça rouvre petit à petit

Comme en France, certains pays ont rouvert dimanche certains aéroports, alors que les vols à destination et en provenance d'Islande étaient maintenus, le vent emportant les cendres vers l'est. Ainsi en Allemagne, 2 aéroports sur 16 ont rouvert. L'espace aérien autrichien, fermé depuis vendredi soir, sera rouvert lundi à 4h GMT (6h en France), sous conditions. L'Espagne, la Suède et la Norvège, qui avaient été les premiers à fermer leurs aéroports, ont commencé à rouvrir leur espace aérien vendredi matin. La Belgique envisage d'autoriser la reprise de certains vols dans les prochaines heures "si les conditions de sécurité sont réunies", mais pour l'heure la réouverture de l'espace aérien belge est prévue à lundi 8h. L'espace aérien bulgare, qui avait été totalement fermé dimanche matin, est ouvert pour les vols à une altitude supérieure à 8000 m. Et six aéroports dans le centre et le nord de la Pologne ont rouvert. Mais les 80 délégations étrangères attendues pour les obsèques du président Lech Kaczynski mort dans un accident d'avion ont pour la plupart dû décliner l'invitation. Barack Obama, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel étaient ainsi absents aux cérémonies (lire notre article). En Russie, l'espace aérien restait ouvert, mais des vols vers le nord et l'ouest du continent ont été annulés. Enfin la Croatie a rouvert la plupart de ses aéroports puis l'espace aérien de la Lituanie a rouvert, de même que les espaces aériens de Serbie, du Monténégro et en partie de Bosnie-Herzégovine.

La Grande-Bretagne en revanche a prolongé ses restrictions avec la fermeture de la majorité de son espace aérien jusqu'à lundi 19h heure française. Des restrictions qui avaient été levées en Ecosse, Irlande du Nord et dans le nord de l'Angleterre ont été réimposées. Londres envisage donc de mobiliser la Royal Navy.


D'autres pays sont aussi concernés: Belgique, Slovénie, Roumanie, AutrichePays BaltesSuisse, République Tchèque, Hongrie, Danemark, Pays-Bas, Slovaquie, Italie, Irlande, Finlande et Ukraine. L'Espagne, la Bosnie, la Croatie et la Serbie ont partiellement fermé leurs aéroports.

Répercussions sur le monde entier



Le nuage de cendres a atteint la Turquie dimanche et l'espace aérien a été fermé dans trois provinces du nord du pays.


La pagaille en Europe provoque naturellement la pagaille dans le monde entier.  Les compagnies américaines ont annulé leurs rotations vers l'Europe. L'armée américaine a dérouté le rapatriement de ses soldats blessés en Afghanistan ou en Irak, faute de pouvoir les évacuer vers son hôpital militaire en Allemagne. Dans la zone Asie/Pacifique, les compagnies aériennes, de l'Australie et la Nouvelle-Zélande, jusqu'à l'Inde, Singapour ou le Japon, ont annulé dès vendredi ou reprogrammé de nombreux vols vers l'Europe. De nombreuses compagnies ont annulé tous leurs vols. 


Lundi 19 Avril 2010 - 00:25



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