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Louis Bertignac - Live au Zénith (Avril 2006)


Longtemps, Bertignac s’est couché de bonne heure, au petit matin, après une nuit blanche passée à chercher de nouveaux riffs sur sa Gibson SG. “Entre minuit et six heures du matin, je suis tout seul, c’est royal.” Et il a mis au monde “Longtemps”, son nouvel album, son meilleur, le plus tendre et le plus intimiste qu’il ait composé et produit.





Ecoutez Louis Bertignac - Je joue


Notre guitar-hero, un Trésor National, n’avait pas sorti d’album solo depuis “96”, paru la même année. Entre “96” et “Longtemps”, il s’est donc déroulé neuf ans, une paye, toute une vie ou presque. “Et j’ai pas mal glandé.” Dans le langage bertignien, “glander” signifie sortir un double live (en 98), trouver la femme de sa vie, donner quelques concerts à Tahiti et au Népal, tenter de reformer Téléphone, produire l’album de Corinne Marienneau, devenir papa d’une adorable petite Lola, réaliser l’album de Carla Bruni, éclatante réussite artistique et commerciale (deux millions d’exemplaires vendus), écrire “Longtemps”, bref, en faire dix fois plus que n’importe qui, poussé par le seul moteur qui ait jamais guidé son existence: le plaisir.
“Je me suis aperçu que la vie était courte, alors je veux que la mienne soit belle, merveilleuse. Et je crois que ça me réussit plutôt de me la jouer tranquille.”

Tranquillement, il s’est donc imposé, avec le Carla Bruni et ses délicates guitares acoustiques, comme le réalisateur du moment, un parrain malgré lui de la scène “nouvelle chanson française”. “C’est drôle, quand je les croise, ils me voient comme un papy; mais moi, je les vois, eux, comme des papys: ils ont l’air très sérieux”, dit-il drôlement. A cinquante ans, Bertignac, lui, a tout d’un gamin. Un gamin facétieux et joueur (dans tous les sens du terme) qui avait passé un deal avec son amie Carla, marraine de sa fille. “Je lui ai mis le marché en main: j’accepte de produire ton album si tu veux bien écrire les textes du mien.” Marché conclu: presque toutes les paroles des chansons (sauf deux) de “Longtemps” sont signées Bruni. Et la belle italienne interprète deux duos avec lui: “Sans toi”, qui sonne comme une déchirante plainte soul à la Otis Redding et “Les Frôleuses”, ou comment un homme voit les filles, et vice-versa. Les deux autres textes que n’a pas écrit la Bruni réservant des surprises. Si Bertignac lui-même a rédigé les paroles d’”Audimat”, charge amusée et Téléphonesque contre la télévision (“on sait tout de toi et on fait tout de toi”), Raphaël Enthoven et Bernard Werber, l’auteur à succès des “Fourmis”, ont co-signé celles de la surprenante “Saga des gnous”. “ Bernard avait noirci dix feuillets. Il ne sait pas encore que je les ai réduits et que j’en ai fait une chanson”, assure t-il.

Musicalement, Bertignac est tel qu’en lui-même. A la fois d’une maîtrise totale, inspiré par les maîtres qui ont réveillé son adolescence (Hendrix, les Stones, Led Zeppelin et puis aussi Mozart, Schubert). Plus désarmé aussi, conscient de la fragilité de la vie ou de l’amour - ce qui le rend terriblement touchant -, il laisse aller sa voix dans les graves, lui qui avait tendance à la pousser vers les aigus, découvre la douceur, la tendresse, la mélancolie. Sans jamais perdre de vue ses racines rock. En écoutant le très beau “Rêver d’L” et ses plaintes d’ harmonica, on pense aux chansons folk de Neil Young; “Elle pleure” pourrait être une ballade éthérée du Jefferson Airplane; “J’ai pas l’temps”, un blues acoustique, entre Goldman et Mississippi John Hurt; “La saga des gnous” et ses rythmiques gnaouas fait écho à l’album ethnique de Page et Plant. La sereine majesté de “Longtemps”, qui donne son titre à l’album, évoque Dire Straits. Bertignac fait du songwriting à la française, puisé aux sources les plus pures.

Pour illustrer cet album plus perso que les autres, Bertignac, artiste multimédia qui avait déjà réalisé des mini-clips pour “96” et entièrement conceptualisé son site internet, s’est lâché visuellement dans le DVD. A ces douze chansons correspondent douze petits clips faits maison où l’artiste s’essaie avec talent à l’autodérision et à une mise en scène tantôt hilarante, tantôt émouvante. “J’ai joué à Doillon. J’ai filmé les acteurs que j’avais sous la main: ma femme, sublimement belle, mon bébé, Carla, moi, qui suis le pire comédien du monde.” Le résultat est à l’image de “Longtemps”, le bien nommé: un truc qui vous touchera longtemps, longtemps.

Le site officiel : www.bertignac.com

TRACK LIST :

Rêves
Oubliez Moi
2000 Nuits
Je Joue
Audimat
Cendrillon 2006
Inclus “So Lonely”
Le Matin au Réveil
Vas y Guitare
Help
Ces Idées là
Won’t Get Fooled Again
I’m Down
66 Heures
Rendez Vous Là Haut
My Generation
Sous la Pluie
Hygiaphone Longtemps
Ca (c’est vraiment toi)
Un autre monde

Lundi 20 Novembre 2006 - 22:14
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