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Mister You son 1er album "Dans ma Grotte" dans les bacs le 31 Octobre !




Mister You son 1er album "Dans ma Grotte" dans les bacs le 31 Octobre !
Digne d’un scénario de cinéma, le destin de Mister You, Gavroche franco-marocain de Belleville devenu légende urbaine nationale, est l’un des plus étonnants de l’histoire du rap français. Sautant de la case rue à la case consécration, en passant par la cavale et la prison, l’artiste nous offre Dans ma grotte, son premier véritable album qui explose en un feu d’artifice de titres sombres et festifs, bruts et séducteurs. Car le moins que l’on puisse dire, c’est que le garçon prend avec talent un malin plaisir à brouiller les pistes … artistiques.

Dès les bancs de l’école, Younes Latifi a choisi le rap comme première langue en s’inspirant des artistes qui gravitent à l’époque dans le nord de la capitale tels Scred Connexion à Barbès, Pit Bacardi ou encore Oxmo Puccino du côté de la Place des Fêtes. Encouragés par une association de quartier qui fournit les premiers locaux de répétition et d’enregistrement, le minot et ses potes flambent sur leurs premiers freestyles, bricolent leurs premières mix-tapes.

Rapidement, l’alchimie des mots fonctionne, ils se mettent en musique et ses textes vont passer avec maturité du pur egotrip au journal intime d’un lascar d’une étonnante précocité qui est bien décidé à croquer la vie à pleines dents, quitte à parfois transgresser les lois. L’apprentissage de celui qui, en 2004, choisit le pseudo de Mister You, débute par de multiples featurings dans des street albums. Ce sera la même année Mi-ange mi-démon (initié en 2002) puis Cocktail de rue en 2004 dans lesquels ses rimes font mouche, notamment auprès des pensionnaires du Ministère de la justice. La prison, Younes y a déjà fait trois p’tits tours et sait en parler. Via Bluetooth, ses sons font la tournée des maisons d’arrêt. En observateur aiguisé, la vie, la rue, ses plaisirs et ses entourloupes n’en finissent pas de l’inspirer.

En 2007, Mister You échappe de justesse à une vaste perquisition en sautant par la fenêtre de chez ses parents. La hauteur force l’admiration, mais rien ne l’empêchera d’être libre. Débute alors une cavale qui restera dans les annales du hip hop, si ce n’est de la police. Essayant d’abord de changer d’horizon, maudissant ceux qui l’ont dénoncé, Mister You règle ses comptes en 2008 dans le street album La rue c’est Paro. Le rappeur a beau être recherché, il ne peut s’empêcher de mettre sa vie en mots. La vidéo d’une de ses prestations atterrit sur le Net à son insu et cartonne rapidement sur la toile.

Alors que le titi en fuite est censé se faire discret, sa popularité tourne au phénomène. Pas une sortie dans les rues de « son » Paname, sans que l’on ne demande au fugitif au sourire enjôleur de poser pour une photo. Avec le goût de la provocation qui le caractérise, une nouvelle idée va alors faire son chemin : mettre en scène et en chansons sa propre cavale … « Ce que tu ne peux pas éviter, embrasse-le », comme il aime à le répéter.

A la manière d’un Catch me if you can hip hop, Mister You va ainsi multiplier les morceaux en forme de pieds de nez. Et en forme de clin d’œil, la mixtape Arrête You si tu peux, est mise en vente dans un magasin de Châtelet le jour de la Saint-Valentin en hommage au commissaire du même nom à l’écran des Brigades du tigre, l’ancêtre de l’actuelle police judiciaire à la ville. Provocateur, taquin, Younes n’en reste pas moins charmeur : une rose est offerte à chaque demoiselle acheteuse du disque.

Le maxi-single Prise d’otages, narguera de la même façon des poursuivants également chauffés à blanc par une interview du « Robin des villes » dans le magazine Entrevue. Pour Younes, il est temps de clore l’affaire par son arrestation programmée en beauté lors d’un concert baptisé par défi Venez me chercher !

La brigade nationale de recherche des fugitifs ne lui fera pas ce plaisir. Elle le cueille en décembre 2009, sans violence, aux alentours de Clignancourt où il ne se cachait même plus. Mais le rappeur a stocké les morceaux comme autant de munitions pour notamment le street album Présumé coupable et ses cohortes de « Paris c’est magique ! » ou « Zoogataga ! », sa marque de fabrique, véritable cris de guerre adressé aussi bien à ceux qui l’aiment qu’à ceux qui le détestent : l’artiste ne laisse pas indifférent.

Taquin, Younes se présente à son jugement habillé d’un tee-shirt à l’effigie de Jacques Mesrine, l’« ennemi publique numéro un » des années soixante-dix qui fut très médiatisé pour ses évasions. La sanction tombe, il sera condamné pour détention de cannabis à 3 ans de prison, dont 1 avec sursis. Mais l’aventure est loin de s’arrêter là, bien décidé qu’il est d’orchestrer savamment pendant 18 mois, depuis sa cellule, la sortie de ses morceaux comme autant de rappels à notre bon souvenir. Et le public est à l’écoute de ses titres comme autant de bouteilles à la mer : Younes reçoit plus d’une cinquantaine de lettres par jour et se nourrit de ces soutiens. Une popularité entretenue aussi par des coups pendables, comme cette interview donnée à la radio Skyrock, depuis la prison, au nez et à la barbe des surveillants.

Désormais détenu modèle mais non modelé, Mister You profite du premier jour de sa sortie en semi-liberté pour lancer officiellement le street album MDR Mec de rue, écrit pendant sa cavale et finalisé depuis la maison d’arrêt de la Santé. Fait sans précédent compte tenu des conditions carcérales dans lesquelles a été réalisé l’album, aux antipodes de l’épanouissement artistique, celui-ci, sans promotion, est en passe à l’heure où nous écrivons ces lignes de devenir disque d’or. Bien plus que d’une simple gratification, vraie reconnaissance musicale, c’est la première revanche du gamin.

D’autant plus que le buzz exponentiel affole les maisons de disques, qui n’ont d’ailleurs pas attendu sa sortie de prison pour le faire signer. Universal emporte le morceau, c’est le début de l’aventure Major avec comme point de départ les textes que Mister You n’a jamais cessé d’écrire en prison. Dans ma grotte est ainsi le résultat de ces mois passés à rêver et à gamberger entre quatre murs. On y retrouve des désirs d’évasion (J’aimerais m’envoler, J’regarde en l’air, La mouche), des coups de blues (Mal bien acquis) et de hargne (Ils veulent qu’on tourne), une trilogie contant l’avant (30 juin 2009), le pendant (30 juin 2010) et l’après (30 juin 2011). Dans Ici ou là-bas, en duo avec Balti, star du rap tunisien, Younes met en parallèle les envies de liberté des deux côtés de la Méditerranée.

Sa langue et ses rimes, boostées par les instrus de Wizzla ou de Synkronik, regorgent d’une gouaille mêlant avec une verve inédite, subtil mélange d’argot de Belleville, de jargons frangrabes (franco-arabes) ou d’expressions entièrement sortis son imagination féconde. Souvent charmeur, toujours prompt à la juste révolte, le chouchou des ces belles ne se prive pas aussi de s’amuser, ne manquant pas d’inviter à la fête le Colonel Reyel (Mets-toi à l’aise) ou de continuer l’ambiance aux sons ultra-funky avec DJ Abdel sur Funk You, devenu le tube de l’été 2011. Car après avoir fait kiffer son quartier et les maisons d’arrêt, c’est à toute la France que Mister You fait découvrir son univers. A 27 ans, tournant le dos à ses années tumultueuses mais pas à son passé, Younes veut aller au bout de ses rêves. Une de ses chansons ne dit-elle pas que Rien n’est impossible ?

Mardi 1 Novembre 2011 - 02:24



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