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Murakami à Versailles. Le choc des cultures




Murakami à Versailles. Le choc des cultures
Après Jeff Koons en 2008, le Château de Versailles accueille à nouveau un artiste qui dérange. Le Japonais Takashi Murakami investit la demeure royale avec son univers bariolé et joyeux.

La fameuse exposition de Takashi Murakami au Château de Versailles, qui a déjà fait couler beaucoup d'encre, ouvre mardi. Beaucoup de bruit pour des oeuvres réjouissantes, astucieusement mises en scène, qui éclatent de mille couleurs. Vingt-deux sculptures, composées de fleurs, de sourires et de dorures, sortent tout droit des mangas, les bandes dessinées japonaises. «Cette exposition est la plus complexe de celles que j'ai réalisées, explique l'artiste. C'est un travail de confrontation entre l'ancien et le nouveau. Mon sens esthétique ?superflat? (c'est-à-dire sans perspective, aux motifs saturant l'espace) n'a rien à voir avec l'univers de Versailles». La visite commence par le salon d'Hercule. Tel un totem guerrier, se dresse au milieu de la pièce un immense personnage aux formes arrondies. Sa tête de grenouille est surplombée d'une antenne et des dizaines de petits bras jaillissent de son torse. Composée de fibre de verre, d'acier, de peinture à l'huile, l'oeuvre, d'un aspect lisse et brillant, s'intègre aux couleurs de la pièce. Plus loin, le sculpteur, qui ne manque pas d'humour, se représente avec son chien: «Pom and me» fait penser à Tintin et Milou. Dans le salon d'Apollon, on rencontre un lion doré qui rêve sous le regard indulgent du roi.

Clin d'oeil au roi

Dans la Galerie des glaces, «Flower Matango», l'impressionnant buisson de fleurs qui sourient, est un clin d'oeil à Louis XIV dont la fleur était le motif préféré. À l'extérieur, devant la pièce d'eau, un bouddha en bronze doré de près de six mètres de haut, étincelle comme le soleil. Aucune provocation donc, si ce n'est «Miss ko2», une jolie jeune femme en minijupe et forte poitrine, version contemporaine de la courtisane, qui fera hurler les détracteurs de l'exposition.

Forte opposition

Car cette ouverture à l'art contemporain est pour certains, un outrage à l'esprit du lieu. Les opposants envisagent de manifester mardi pour interdire l'exposition. «Autant je trouve sympathique qu'une exposition suscite des débats, autant j'estime que critiquer une exposition sans même l'avoir vue est inacceptable, insiste Jean-Jacques Aillagon, président de l'établissement public du Château de Versailles. On peut ne pas aimer, mais censurer est inadmissible». Et le maître des lieux de poursuivre: «Le Château n'est pas un lieu mort, mais un lieu de culture vivante. L'oeuvre de Murakami, joyeuse et heureuse, cohabite très justement avec Versailles, un palais conçu pour la fête, la vie et le bonheur». Voilà, en tout cas, deux bonnes raisons d'emmener ses enfants visiter le Château. Exposition pratique Château de Versailles. Du 14septembre au 12décembre, sauf le lundi. Entrée: 15euros, gratuite pour les moins de 26 ans. Tél.01.30.83.78.89.

Dimanche 12 Septembre 2010 - 20:33



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