Connectez-vous S'inscrire

Nosfell sortie le 8 juin prochain




Nosfell sortie le 8 juin prochain
D’un désir obsessionnel, maintenu depuis toujours dans une tension extrême, peut naître un des plus débridé et prolifique univers de la création musicale actuelle.

Le monde que Nosfell explore et décrit depuis 10 ans au cours de ses albums et de ses nombreux concerts, déborde largement des chemins musicaux et se déploie sans frontières des genres. Il fait preuve de la nécessité de s’exprimer au plus juste au travers des médiums artistiques capables de lui proposer les meilleures métamorphoses.

Les mondes inventés en littératures sont légions, mais ceux qui offrent un écho au réel sont rares. A la source certainement, une blessure d’enfance telle, que le chanteur dû trouver dans la maîtrise compulsive d’un univers en tous points original, une salutaire évasion. Pour que la fuite soit parfaite, au moins à la hauteur du danger encouru, il fallait, avec une certaine ambition, donner corps à ce projet en créant une cosmogonie à part entière.

Avec ses cartes, qu’il tatoueraient sur son dos, comme on imprime ses racines derrière soi pour laisser au regard le champ du futur. Avec sa langue, idiome en devenir, qui offrirait une matière malléable pour le musicien qui s’émeut des recherches sur les textures sonores contemporaines. Avec sa grammaire, constituée de sept mots dictés par son père dans un sabir mystérieux, qui constitueraient sept états du moi, et les bases d’une pensée et d’un univers. Avec ses personnages, ses artistes, ses écrivains, ses chercheurs, ses amoureux tragiques, ses dieux, qui lui donneraient mille masques à emprunter, mille vies à jouer, multiples de sa personnalité. Avec, finalement, son histoire, des contes à improviser sur scènes, des légendes courrant comme un rhizome souterrain de la pensée.

Avec tout cela, Klokochazia, le territoire où d’emblée Nosfell s’y définit lui-même, non pas comme le prince ou le dirigeant, mais comme le chantre d’une mythologie - et c’est une nuance qui donne l’avant-goût de la mise en perspective d’une histoire dans l’histoire – devient un projet unique et sidérant.

Ce qu’opère Nosfell dans sa pratique artistique, c’est la transmutation d’une évasion originelle et salvatrice du quotidien, en un retour au vivant et aux enjeux du désir dans ce qu’ils ont de plus touchants et palpables. Klokochazia est un départ. Un point zéro que Nosfell ne cesse de confronter au réel. La musique est ce médium privilégié de l’instant, qui noue et fait résonner entre eux, le fantasme et le présent. Chant stratosphérique ou danse-performance au centre Pompidou, rock des entrailles ou orchestration pharaonique pour la Cité de la musique et Pleyel, partout où Nosfell fait couler son énergie, se révèle un chemin précieux. Celui d’un chercheur qui nous ouvre les cartes de ses questionnements.

Nosfell, l’album :

Ce troisième album éponyme clôt un triptyque et parachève la description de personnages et d’histoires annoncées dès les débuts sur scène de Nosfell. Il met en lumière son talent à créer et susciter les véritables rencontres artistiques et humaines. Sa capacité à intégrer l’autre à son propre univers, mais aussi à lui donner une place de choix.

On connaissait les deux musiciens qui formaient avec le chanteur l’entité « Nosfell ». Pierre Le Bourgeois, violoncelliste et arrangeur, a participé à de nombreux projets, du free-jazz au rock en passant par la chanson. Pour cet album, il arrange, co-compose, et joue autant du violoncelle que de la basse électrique avec laquelle il distille des lignes entêtantes comme des sillons au cœur d’une terre sombre. Et Orkhan Murat, le batteur exigeant, véritable mémoire de la musique savante mais aussi propriétaire de nombreuses histoires insensées qu’il collecte des nuits durant, à l’abri de son garage-chalet. Il s’empare sur certains titres d’objets hétéroclites pour créer de nouvelles rythmiques et insuffle son mouvement cardiaque et lumineusement fou.

Nosfell est allé retrouver à Los Angeles pour ce troisième album, qui groove d’une orientation assumée punk-rock, Alain Johannes, producteur et bassiste du légendaire Queens of the Stone Age. Le lien qui s’est tissé entre eux dépasse le projet musical. Accueillis au sein de la grande maison californienne d’Alain, parcourue de câbles d’enregistrement et d’instruments du monde entier, nourris et choyés par la propre mère du producteur, les trois musiciens ont pu enregistrer ces morceaux à leur rythme avec la liberté qui leur convient. De fait, il a suffi d’un seul mois pour finaliser le projet : 13 chansons, plus quelques inédits sauvés par Alain lors des nombreux jams improvisés du trio, délivrent un son rock abrasif où ne sont pas oubliés les territoires de recherche essentiels du groupe, du folk primitif de la vieille Europe à celui plus expérimental de la musique nouvelle.
C’est dans cette même idée familiale qu’Alain présente Nosfell à Brody Dalle, ex-chanteuse des Distillers et Josh Homme, son mari et frontman de Queens of the Stone Age. De ce croisement né un trio sulfureux sur le titre « Bargain healers ». C’est aussi la première fois que Josh et Brody, se retrouvent sur un même disque.

Nosfell fait, dans le même temps, un passage à Paris, et invite sur une des plus poétiques compositions de l’album, Daniel Darc, qui envoûte et habite les paroles de Nosfell avec cette noirceur solaire qui lui est sienne. « La romance des cruels » sonne comme un testament d’amour, un pacte pour amants inhumés.

De ce qui se discutait et s’échangeait autour de la musique lors de ces sessions californiennes, mais aussi de tout ce qui la dépassait et qui crée les vraies rencontres, est née cet objet qui fait le pont entre l’univers en mouvement de Nosfell et le son intense et riche d’Alain Johannes.


EGALEMENT DISPONIBLE LE 11/06/09


Nosfell, le livre-disque :


A l’origine du livre, un spectacle musical sous forme d’opéra-folk-rock imaginé spécialement pour la Cité de la musique en 2007 par Labyala Nosfell et Pierre Le Bourgeois. Ils y interprétaient avec l’orchestre philharmonique du CNSM de Paris une partition audacieuse bâtie autour d’une histoire contée par le chanteur. Elle présentait certains personnages essentiels de l’archipel de Klokochazia. Notamment l’étrange Günel, dont on découvrait le destin tragique, de sa naissance dans les boyaux d’un arbre jusqu’à sa chute psychologique.

C’est cet opéra que Nosfell a proposé à Ludovic Debeurme (auteur de bande dessinée – prix Goscinny 2006 et essentiel du festival d’Angoulême 2007 – et illustrateur pour la presse et l’édition) de mettre en image. Le souhait des deux artistes était de confronter leurs univers, forts et singuliers, en s’éloignant de fait du simple exercice d’illustration. Il en résulte un travail à quatre mains, dont le contenu déroutant mais terriblement humain, est à l’image de l’aventure de Günel.

Le Lac aux vélies réunit des musiques originales et des chansons du premier et du deuxième album de Nosfell, qui évoquaient déjà certains protagonistes de ce nouveau livre-disque. A chaque personnage correspond un thème musical reflétant son état d’âme. Thèmes que l’on retrouve au cours de cette partition que le duo Nosfell-Le Bourgeois a voulue à la fois classique dans sa forme et néanmoins contemporaine.

On découvre ici de nouvelles clefs dans la compréhension du mythe de Klokochazia. Une annexe clôt d’ailleurs ce texte, pour y présenter d’une façon encyclopédique amusée les grands mythes qui précèdent historiquement les événements du conte. Planches anatomiques fantasques et prononciations illustrées de la langue de Nosfell, complètent un ouvrage débordant de trouvailles graphiques et de passerelles vers l’imaginaire.

En même temps que la sortie du livre-disque de Nosfell et Debeurme, le spectacle du Lac aux Vélies sera joué par l’orchestre national d’île de France avec Pierre Le Bourgeois et Labyala Nosfell, dans une nouvelle mise en scène, conçue pour la salle Pleyel.

Nosfell nous fait entendre la possibilité de réinventer une fantasmagorie née d’antiques obsessions et de la renouveler sans cesse au travers de sa pratique artistique et des rencontres qui constituent le terreau même de la musique.

Lundi 27 Avril 2009 - 23:37



Nouveau commentaire :

sur cette page