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Notre univers impitoyable

Sortie le 13 Février 2008




Pour Margot et Victor, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ils sont beaux, jeunes, cadres dynamiques dans le même cabinet d'avocats d'affaires et surtout, ils filent le parfait amour. Mais rien ne va plus le jour où Nicolas Bervesier, leur patron, est contraint de nommer un nouvel associé pour l'épauler. Uni dans la vie, le couple se retrouve bien malgré lui en concurrence frontale. Bienvenue dans un monde impitoyable : celui du travail et de ses dommages collatéraux...

Réalisé par Léa Fazer
Avec Alice Taglioni, Jocelyn Quivrin, Thierry Lhermitte

Un homme, une femme... deux possibilités
La structure de Notre univers impitoyable est très particulière. Au début, le spectateur apprend que Victor et son épouse Margot sont mis en concurrence pour le même poste de direction. Le film explore ensuite les deux hypothèses : dans un cas, Margot est choisie, dans l'autre c'est Victor qui est engagé. Le spectateur est alors invité à suivre, en alternance, ces deux récits. Léa Fazer confie s'être inspirée de Pile et face de Peter Howitt. Dans cette comédie, le destin de l'héroïne (Gwyneth Paltrow) est totalement bouleversé selon qu'elle rate ou non le métro. Ce procédé rappelle également le diptyque Smoking-No Smoking d'Alain Resnais.

Un couple épatant
Couple à la ville comme à l'écran, Alice Taglioni et Jocelyn Quivrin se sont rencontrés sur un plateau de cinéma. C'était sur le tournage de Grande école en 2003. Depuis, ils se sont donné la réplique uniquement dans deux courts métrages, L'Ultimatum et Acteur (le premier court réalisé par Jocelyn Quivrin).

Sélectionné à l'Alpe d'Huez
Deuxième long métrage de Léa Fazer après Bienvenue en Suisse, comédie présentée à Cannes en 2004 dans la section Un Certain Regard, Notre univers impitoyable est présenté en compétition au Festival de la comédie de l'Alpe d'Huez en 2008.

Mise à l'épreuve
La cinéaste précise ses intentions : "Je voulais montrer des personnages qui n'ont pas de "défaut moral". Ils n'ont pas de problèmes majeurs, ils n'ont pas eu une enfance particulièrement malheureuse, ils ont une vie "normale", qui pourrait passer pour banale. Mais ils vont être confrontés à des questions d'ordre éthique. Ce que le monde va leur renvoyer, c'est une épreuve au terme de laquelle ils sauront s'ils étaient "bons ou mauvais". Car tant qu'on n'est pas confronté à une situation où on doit montrer sa vraie nature on ne sait pas qui on est (...) ce sont les personnages non porteurs d'une tare morale qui m'intéressent. Je voulais montrer que le monde n'est pas intrinsèquement porteur du mal. Ce sont les circonstances qui le provoquent. Toute personne qui a trop longtemps du pouvoir devientq uelqu'un d'infernal."

Les enjeux de l'amour et du hasard
Léa Fazer compare les rapports entre les personnages à des figures du théâtre classique : "(...) on pourrait être chez Marivaux. Il y a le chevalier et Sylvia, incarnés par Jocelyn et Alice. Il y a Lisette et Arlequin, incarnés par Pascale Arbillot et Scali Delpeyrat . Et puis il y a la figure tutélaire qui fait penser au roi chez Molière, au père, c'est Thierry Lhermitte. C'est une très vieille matrice qui a inspiré beaucoup de pièces, je me suis mise dans ces rails-là (...) [Julie Ferrier] rentre dans le cadre des paysans, Lubin et Spinette." L'univers des planches n'est pas étranger à la réalisatrice, puisqu'elle est comédienne de théâtre de formation et a mis en scène plusieurs pièces.

Les deux mondes
Si le film a une évidente dimension sociologique, la cinéaste a souhaité approcher une certaine abstraction, notamment sur le plan des décors : "Les cabinets d'affaires classiques sont souvent implantés dans de très beaux immeubles anciens. Je n'avais pas envie de filmer ce Paris-là. Je rêvais de modernité, que cela reste assez abstrait, qu'on sache qu'on est à Paris mais qu'il n'y ait pas les platanes, les kiosques, les bouches de métro, les fleuristes." Selon elle, on n'est pas si loin de la science-fiction... "Du fait du passage d'un monde à l'autre, c'est comme si les personnages avaient trouvé la porte de deux mondes parallèles. On est dans Star Trek ! Ce que j'aime dans la science-fiction américaine, c'est son formalisme. Parmi mes références il y a Bienvenue à Gattaca mais aussi Starship Troopers : un film où on envoie des gens jeunes et exagérément beaux dans un charnier pour se battre contre une planète qui est elle-même un animal monstrueux contre lequel ils n'ont aucune chance. Et on assiste au gâchis de tous ces destins, de toute cette jeunesse fervente"

Couple maudit
Alice Taglioni revient sur le propos de Notre univers impitoyable : "Dans le film, et c'est toute son ironie, que ce soit Margot ou Victor qui ait le poste d'associé, la parité est respectée : c'est la catastrophe ! Mon personnage est obligé de coucher avec son patron, Victor doit presque fatalement se taper sa secrétaire. C'est la place du couple dans cette société qui est finalement la plus problématique. Il ne faut pas oublier que c'est le fondement de tout. Voilà pourquoi ça se passe mal entre eux : le couple passe à chaque fois à la trappe. Mais ils sont touchants, ils se battent, ils veulent y arriver (...) La morale, c'est qu'il faut toujours vivre les choses à fond, ne pas avoir peur des conséquences, ne pas se demander si c'est trop risqué et aller au bout des choses."

Les dames d'abord ?
Notre univers impitoyable, film féministe ? La cinéaste parle de son expérience : "me fait même rire qu'une femme puisse ne pas l'être. J'ai grandi en Suisse et ce pays a donné aux femmes le droit de vote en 1971. Dans ma vie privée, j'ai un rapport aux hommes assez paisible. À l'écran, mon féminisme est incarné par le personnage que joue Pascale Arbillot. C'est une féministe acharnée. J'adhère à chaque mot qu'elle dit, sauf qu'elle est ridicule. Chaque fois qu'elle ouvre la bouche ça fait rire ! Cette autodérision doit me rassurer."

L'école du rire
Léa Fazer cite ses influences : "Comme j'ai grandi à l'étranger [elle est native de Genève], mon biberon c'est la comédie italienne. Il y a aussi Louis De Funès, Splendid ... Et Molière ! Après, j'ai commencé à voir des comédies anglo-saxonnes, dont celles de Woody Allen, et je n'ai plus arrêté. J'ai vu tous les épisodes de Seinfeld: ces gens-là sont des génies de la comédie. J'ai une affinité folle avec tout ça." . La cinéaste confie par ailleurs qu'un de ses modèles pour le personnage d'Alice, c'est Samantha, l'héroïne de la série Ma sorcière bien-aimée. Le film contient également des références à Madame porte la culotte et Indiscrétions de George Cukor, et aux Temps modernes de Chaplin.

La dure loi de la série
Le titre du film est une allusion à la fameuse chanson du générique de la série Dallas. Cette chanson est un sujet de conversation dans une séquence du film.

Ils se connaissent par la "Bande"
Dans La Bande du drugstore, son tout premier film en 2001, Alice Taglioni avait déjà pour amant Thierry Lhermitte.

Fazer fait l'affaire
Très heureux de son travail avec Léa Fazer, Jocelyn Quivrin a demandé à la cinéaste de collaborer avec lui à l'écriture de son premier long métrage comme réalisateur.

Mercredi 6 Février 2008 - 00:17
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