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Novastar - Another Lonely Soul

Sortie album 17 avril 2006




Un secret qui ne va pas le rester très longtemps: le trait d'union entre les Beatles et Coldplay est… belge! Avec le deuxième album de Novastar, Joost Zweegers livre le plus vibrant recueil de pop songs de ces dernières années. Rencontre avec… le Lennon flamand?

L'étoile Novastar s'est soudainement mise à briller un soir de 1996, lorsque le groupe de Joost Zweegers a remporté le Humo Rock Rally, légendaire tremplin rock belge. Depuis, la brillance de son astre pop n'a cessé de s'amplifier. Avec l'éponyme "Novastar" (1999), le songwriter est devenu une icône nationale: disque de Platine en Belgique, sept semaines au sommet des charts flamands, ventes massives également en Wallonie et, en haut de ce palmarès de rêve, le TMF Award du Meilleur Album.

Mais avant tant d'étincelles, Joost s'est abandonné dans le voyage. De pays en pays, c'est en troubadour sans frontière qu'il s'est forgé un style. En voyageur juste drapé d'une guitare. «J'ai puisé mon inspiration dans le voyage, confie t'il. C'est là également que j'ai trouvé la mélancolie, un sentiment que l'on entend souvent dans ma musique.» La véritable inspiration de Joost reste justement la musique elle-même. «Mike Scott des Waterboys est mon héros. "This Is The Sea" et "Fisherman's Blues", les textes de ces albums sont fabuleux! Evidemment, les Beatles m'ont eux aussi toujours accompagnés musicalement. Les anciens U2 comme "Unforgettable Fire" sont également gravés à jamais dans mon cœur. En fait, j'adore tout ce qui vient d'Angleterre et d'Irlande.»

L'autre choc des premières années de Novastar, fut la rencontre avec Neil Young, lorsqu'en 2001 Joost ouvrit plusieurs dates de la tournée européenne du Loner. «Ma face acoustique vient de lui. Cet espace, ce côté sombre, ma musique s'en inspire régulièrement. Faire sa première partie fut un temps fort de ma carrière. Il m'a énormément encouragé. Passer de l'intimité de ses pièces en solo à la guitare à la puissance de Crazy Horse, j'aime également ce double challenge qu'il dompte avec tant d'aisance.»

Toutes ces valeurs intemporelles, de l'idiome pop à la puissance du folk ou rock, sont à l'origine du nouvel album de Novastar, "Another Lonely Soul". Un petit bijou à la pureté resplendissante. Et sous l'apparente simplicité et sobriété d'une première écoute rapide se cache en fait un monument mélancolique et fort qui n'est pas sans rappeler l'univers de Coldplay (Michael Braueur qui a travaillé avec le groupe a justement mixé "Another Lonely Soul"). «Cet album est un disque d'adieu. C'est très personnel mais en même temps il y a assez de mystère et de non-dit pour que l'auditeur n'en sache pas trop et soit donc touché parce que je chante.» Les mélodies obsédantes de "When The Lights Go Down On The Broken Hearted" ou de "Rome" épousent à la perfection les mots de cette histoire d'amour non partagé. Quelques notes claires de piano, un filet de voix qui frappe aux tripes, une mélodie obsédante: Joost est un maître du genre.

Véritable sommet de l'album, "Never Back Down" prouve de son côté que la pop dans son plus simple appareil peut déborder d'un lyrisme inégalé. Une alchimie d'émotions qui jongle avec la peur, la rédemption et l'amour. Des valeurs mièvres et niaises? Jamais! Joost Zweegers est clairement de la trempe des Chris Martin et des Bono! Et son sens mélodique sur ce titre est unique.

C'est sur ses terres belges, à Courtrai, que notre Lennon belge a accouché de "Another Lonely Soul". Un opus réalisé avec Piet Goddaer plus connu chez nous sous le nom d'Ozark Henry. «Toutes les chansons de l'albums ont été composées au piano. Très souvent la nuit. Je n'arrête jamais d'écrire, aussi, lorsque je me consacre à un disque, je dois vraiment conserver celles que j'estime être les plus fortes. Mais je suis assez critique avec mon propre travail… Pour qu'une composition soit bonne, elle doit pouvoir être jouée au piano solo même si au final les arrangements sont denses et l'instrumentation multiple. Ce doit être l'épreuve du feu de la chanson.»

En studio, Pie Goddaer a donc enrichie le paysage musical de son ami Joost. La complémentarité entre les deux artistes est d'ailleurs la clef de la beauté de "Another Lonely Soul". Piet a toutefois réussi à ne jamais surcharger les diamants polis par Joost. «Comme disent les anglo-saxons, less is more. Le moins vaut le plus. Et c'est effectivement mon credo. Il faut que ce soit simple, pas simpliste. Dire le plus de chose avec le moins de mots. Le mystère doit demeurer. Prenez Nick Drake, un autre artiste qui me fascine. Tout est dans le silence, dans la pureté, et au final c'est d'une force redoutable.» Une pureté qu'on entend dans les violons de l'introduction de "Lend Me Love". Mais en fait une pureté qui habite l'intégralité de "Another Lonely Soul".

Au final, ce second album de Novastar ressemble à un roman dont la prose acérée, emplie de sagesse et de vérité, vous tire les larmes des yeux. Dans le monde de la musique, on appelle ça un album. Et pour ceux qui l'entendront pour la première fois, on appellera plutôt ça: la révélation de l'année !

http://www.novastar-music.com/

Lundi 17 Avril 2006 - 01:59
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