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PORTRAIT : DANIEL AUTEUIL
Commédien Français
Daniel Auteuil est à l'affiche cette semaine de "La folie des hommes" de Renzo Martinelli, aux cotés de Michel Serrault. Auteuil y campe un architecte dépassé par ses ambitions. Portrait AUDIO avec Thomas CARRET.
Ses parents étaient chanteurs d'opérette. Les planches, il connaît donc bien, les ayant fréquentées dès son plus jeune age. Né à Alger, en 1950, lors d'une tournée, Daniel Auteuil prend immédiatement goût à l'atmosphère qui entoure le spectacle.
Le cours Florent à 17 ans, puis le TNP, et en 1972, il décroche son premier rôle au cinéma dans « L'agression » de Gérard Pirès, où il a pour partenaire, Catherine Deneuve et Jean-Louis Trintignant. Au théâtre, Il joue "La folle de Chaillot", aux cotés d'Edwige Feuillère, puis est le partenaire de Maria Pacôme, dans "Apprend moi Céline".
Mais c'est le cinéma qui lui offre une notoriété de plus en plus importante, avec de nombreuses comédies, pas toujours d'un grand intérêt. "Bête mais discipliné", en 1979, puis "Les sous doués", en 1980, de Claude Zidi, "Les hommes préfèrent les grosses", de Jean-Marie Poiré, en 1981, ou "Pour cent briques t'as plus rien", d'Edouard Molinaro, en 1982.
Un registre de comédie, où Auteuil joue à l'éternel adolescent, au dragueur ou au cancre, avec un entrain et un talent qui assure un véritable triomphe aux films. Mais il n'oublie pas non plus de varier les plaisirs... Aux cotés de Romy Schneider, dans "La banquière", de Francis Girod, en 1980, ou plus tard avec, "Que les gros salaires lèvent le doigt", de Denys Granier-Deferre, et "L'indic", de Serge Leroy, il compose une série de portraits plus sombres, ou satiriques, et fait merveille.
Le véritable essor de sa carrière lui est offert par Claude Berri, dans "Jean de Florette" et "Manon des sources", en 1986.
Aux cotés d'Emmanuelle Béart, et d'Yves Montand, Daniel Auteuil investit le personnage d'Ugolin. Il s'enlaidit, travaille l'accent, la démarche, et nous livre une remarquable interprétation, sensible, émouvante, où la douleur pointe à chaque réplique,... où le drame s'invite à chaque regard. Une exceptionnelle composition qui lui vaudra une reconnaissance critique unanime et un accueil public triomphal. Le tout, couronné par le césar du meilleur acteur.
Auréolé de cette nouvelle respectabilité, il n'en est pas moins dupe. Eternel complexé, il n'a aucune certitude sur son travail, et aborde chaque rôle comme une nouvelle aventure où tout est à refaire. Il peut se permettre désormais de choisir les histoires qu'il aura envie de vivre, et les réalisateurs qui lui donneront corps. On le retrouve ainsi chez Michel Deville, dans "Le paltoquet", mais surtout chez Claude Sautet, dans "Quelques jours avec moi", aux cotés de Sandrine Bonnaire, puis dans "Un cœur en hiver", en 1992, où il donne la réplique à Emmanuelle Béart, sa compagne d'alors. L'année suivante il retrouve Catherine Deneuve pour "Ma saison préférée", puis pour "Les voleurs", d'André Téchiné...
Auteuil est à présent dans des registres plus intériorisés. Amoureux transi, homme bafoué, à la normalité traversée de blessures profondes, il excelle dans ses compositions de personnages aux sentiments froids.
Suivront "Une femme française", "La Reine Margot", ou encore "Le huitième jour", délicat hommage aux trisomiques. Ce film lui vaudra le Prix d'interprétation à Cannes, en 1996, conjointement avec Pascal Duquenne.
Diable chez Josiane Balasko, lanceur de couteaux désabusé chez Patrice Leconte, dans "La fille sur le pont", Auteuil n'en oublis pas non plus le théâtre. Il joue Marivaux, et sera un magnifique Scapin au festival d'Avignon, en 1990.
En docteur mythomane dans « L'adversaire » de Nicole Garcia, ou en architecte dépassé par ses ambitions dans « La folie des hommes » de Renzo Martinelli, il parvient encore à nous surprendre par ses compositions sombres et tourmentées…
Récompensé plusieurs fois, distingué par la critique, reconnu et respecté par le public, Daniel Auteuil est, à 52 ans, une des figures emblématiques du cinéma français, loin des mythes figés.
Rigoureux dans ses choix scénaristiques, son répertoire s'est enrichi d'une épaisseur dramatique qui en fait un véritable monstre sacré du cinéma français.
Revue de Presse Stéphane Larue le Jeudi 28 Novembre 2002 - 00:00 Source : Eurosport.fr
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