Né en 1937, dans une famille décomposée, il décide à 17 ans, de partir s'installer à Los Angeles, afin d'y suivre des cours de théâtre... Il y fait plusieurs petits boulots avant de pousser la porte des studios de la MGM, où il sera coursier. Il a un pied dans la place, et n'en ressortira plus. Il fait quelques figurations au théâtre et au cinéma, et obtient son premier rôle, en 1958 dans "The Cry baby Killer", de Jud Addis, un thriller où il campe un délinquant juvénile...
Pendant 10 ans, il multiplie les films de série B, alternant western et films d'horreur. Des débuts peu flamboyants, mais qui lui permettent de se construire.
L'étincelle se produit en 1969 avec "Easy Rider", de Dennis Hopper. Sa composition fabuleuse d'un avocat totalement halluciné, lui vaut une première nomination aux oscars.
Nicholson accède ainsi au statut de star, et enchaîne alors avec des rôles plus complexes et extravagants les uns que les autres...
Politicien cynique dans "Ce plaisir qu'on dit charnel", de Mike Nichols, en 1971, animateur radio déboussolé, dans "King of Marvin Gardens", en 1972, il triomphe à Cannes en 1973, en décrochant un prix d'interprétation pour son rôle de militaire de la Navy dans "La dernière corvée".
L'année suivante, il est détective privé pour Roman Polanski. C'est "Chinatown", qui lui vaut une deuxième nomination aux oscars...
Après une courte parenthèse européenne en 1975, pour "Profession reporter", de Michelangelo Antonioni, il atteint la même année la consécration, pour "Vol au-dessus d'un nid de coucou", de Milos Forman. L'histoire d'un criminel qui se laisse interner en hôpital psychiatrique, pour échapper à la prison... et qui sombrera malgré lui dans la folie. Un rôle à la démesure de Nicholson, qui est tout simplement, impressionnant. Une interprétation couronnée d'un Oscar mérité.
Il tourne ensuite avec Arthur Penn ou Elia Kazan, avant de devenir cet écrivain qui sombre dans la folie, et tente d'assassiner toute sa famille. "C'est "Shining", de Stanley Kubrick, en 1980.
Nicholson continue par la suite de camper des personnages un peu déjantés, alcooliques, des cinglés décapants... et enchaîne les succès. Looser lubrique dans le torride "Le facteur sonne toujours deux fois", avec la sublime Jessica Lange... ou astronaute draguant Shirley Mc Laine, dans "Tendres Passions"...
En 1985, John Huston lui offre le rôle d'un tueur à gage aux prises avec son homologue féminin, Kathleen Turner. "L'honneur des Prizzis", est un énorme succès, critique et public. Véritable icône vivante, il en profite pour s'amuser un peu en endossant le costume du Joker, dans "Batman", en 1989, une énorme super production où il éclipse Demi Moore et Tom Cruise.
Loup-garou dans "Wolf", de Mike Nichols, colonel hautain, dans "Des hommes d'honneur", père désespéré dans "Crossing guard", président déjanté dans "Mars Attacks", Nicholson continue de surprendre ses fans. Impressionnant dans "Pour le pire et pour le meilleur", il décroche, un nouvel oscar en 1997, pour son rôle d'écrivain maniaque et acariâtre, transformé par l'amour d'une femme.
Après "The pledge", l'année dernière, Nicholson revient cette année dans la peau d'un retraité qui s'interroge sur le sens de son existence, dans le touchant film d'Alexander Payne, "About Schmidt", sélectionné l'an dernier à Cannes.
A 66 ans, Nicholson est aujourd'hui une figure mythique du cinéma américain, où sa folie maîtrisée, et son regard tranchant ont offert aux cinéphiles du monde entier, quelques-uns uns des plus beaux moments de cinéma.