Les sirènes du grand écran incitent beaucoup de célébrités à se lancer dans l'aventure. Ces dernières années, ce sont les tops-modèles qui ont le plus tenter leur chance dans la comédie. Mais si les prétendantes sont nombreuses, peu réussissent à durer, et à se faire une vraie place.
Naomi Campbell, Claudia Schiffer, ou Cindy Crawford, ont pour l'instant vainement essayé... Laetitia Casta grignote lentement du terrain à force d'un vrai travail d'apprentissage.
Parmi ces icônes de la mode, Monica Bellucci se taille progressivement une vraie légitimité. De film en film, sa cote de popularité s'accroît et la reconnaissance de ses pairs en même temps.
Après ses débuts dans le mannequinât, Monica Bellucci s'oriente vers la comédie et c'est Dino Risi qui lui permet de tenter sa chance un première fois, dans un téléfilm italien, « Vita coi fligi », en 1990. Son premier rôle important, c'est sous la direction de Franceso Laudadio qu'elle le tourne, en 1991, dans « La riffa ». La chance lui sourit en 1992 lorsque Francis Ford Coppola, en personne, la repère et lui offre un petit rôle dans sa version de « Dracula ». Sans bruit, à force de travail, elle regarde, écoute, apprend, pour, film après film, démontrer que sa présence au cinéma n'est pas qu'un effet de mode.
Quelques films italiens plus tard, Monica débarque en France pour tourner « L'appartement », en 1996, sous la direction de Gilles Mimouni. Son personnage, peu présent à l'écran, mais essentiel dans l'histoire, irradie tout le film....
Son regard, ses mystères, ses mouvements, lui valent notre fascination et une reconnaissance du public français. Elle s'impose en un film, aux côtés de la non moins troublante Romane Bohringer, et a comme partenaire un certain Vincent Cassel, qu'elle va retrouver sur plusieurs autres aventures, et qu'elle épousera quelques temps après.
Elle enchaîne ensuite avec « Doberman », de Jan Kounen, avec Vincent Cassel, puis « Mauvais genre » , de Laurent Bénégui.
Elle alterne ensuite films français et italiens, avant de reprendre le rôle de Romy Schneider, dans le remake de « Garde à vue », « Under suspicion », de Stephen Hopkins, en l'an 2000.
Elle est depuis abonnée aux films phares de ces dernières années... Christophe Gans l'emmène dans l'aventure du « Pacte des loups », avant qu'Alain Chabat, en 2001, lui fasse totalement changer de registre, avec sa composition décalée de Cléopâtre dans « Astérix et Obélix, mission Cléopâtre ».
Du mystère à la comédie, en passant par la noirceur de certaines de ses apparitions, Monica Bellucci élargit de film en film son registre, et affirme un talent qui ne peut que faire taire ses détracteurs...
Son rôle de femme violée dans « Irréversible », de Gaspard Noé, a fait sensation, et provoquer un scandale quelque peu artificiel. Mais Monica se joue de ces polémiques et préfère défendre une histoire banalement sordide, dérangeante.
A l'affiche de la suite de « Matrix » cette année, présenté hors compétition à Cannes, Monica Bellucci poursuit son chemin, sans se soucier des oiseaux de mauvaise augure. Elle souhaite ne pas être qu'un objet de tentation, mais veut exister par son travail et son talent.
A 35 ans, Monica Bellucci s'est d'ores et déjà affirmée comme une comédienne à part entière, audacieuse et sensible.