Elle est à l'affiche du dernier Lars von Triers, « Dogville », un film quasi expérimental tourné en studio presque sans décors ni accessoire. Nicole Kidman y campe une jeune femme fuyant des gangsters, trouvant refuge dans les montagnes rocheuses auprès d'habitants exigeants beaucoup d'elle en échange de sa protection… Un soutien qui tourne au cauchemar.
Un nouveau personnage éprouvé pour l'actrice phare de ces dernières années, qui n'hésite pas à passer d'un film à grand spectacle à des histoires plus difficiles.
Un parcours naturel pour cette jeune américaine, d'origine australienne, née à Hawaï en 1967. C'est en Australie, le pays de ses ancêtres, que Nicole Kidman grandit et découvre dès son plus jeune âge la danse classique. Une vraie passion jusqu'à ce qu'elle se tourne vers une autre forme d'art, le théâtre. Elle n'a que 10 ans lorsqu'elle commence à prendre des cours d'art dramatique, ce qui lui permet de vaincre sa timidité. Elle monte sur scène dès l'âge de 13 ans et se décide, trois ans plus tard à ne se consacrer qu'à sa passion.
Elle débute à l'écran dans un drame australien, « Bush Christmas », et participe à plusieurs petites séries pour la télé. En 1989, elle tente l'aventure hollywoodienne en tournant dans un huit clos maritime, « Calme blanc », de Philip Noyce, un thriller où un psychopathe naufragé sème la terreur sur le bateau du couple qui l'a recueilli.
Un premier rôle qui révèle la force dramatique de Nicole Kidman qui suscite l'engouement d'Hollywood, et de Tom Cruise qu'elle côtoie pour la première fois dans « Jour de tonnerre », où elle est une chirurgienne amoureuse d'un coureur automobile. Une rencontre scellée par un mariage, et propice à l'ascension de sa notoriété.
En 1991 elle est une femme de la haute société fricotant avec un gangster dans « Billy Bathgate », avec Dustin Hoffman, puis elle retrouve Tom Cruise pour « Paradis lointains », une fresque historique sur l'immigration des irlandais aux Etats-Unis. Elle campe ensuite la petite amie de l'homme chauve-souris, à la suite de Kim Bassinger et Michelle Pfeiffer dans « Batman forever », en 1995.
Même si sa popularité grandit, elle ne s'en satisfait pas… Elle est souvent présente en faire valoir et a l'impression de stagner. Gus Van Sant, cinéaste touche à tout, lui propose alors d'être « Prête à tout », une comédie satirique macabre sur le monde des médias où elle s'affirme en présentatrice météo antipathique et intrigante.
Auréolée d'un Golden Globe, elle osera désormais se tourner vers des rôles singuliers, que ce soit dans des grosses machines que dans des projets plus ambitieux. Jane Campion l'habille en américaine du 19ème siècle dans « Portrait de femme » en 1996. Après un petit détour face à Georges Clooney dans « Le pacificateur », et avec Sandra Bullock pour « Les ensorceleuses », Nicole Kidman s'abandonne en femme aimante et sadique dans les bras de son époux Tom Cruise pour le dernier opus de Stanley Kubrick « Eyes Wide Shut ».
C'est alors que survient le divorce déchirant d'avec le héros de « Top gun ». Une épreuve douloureuse qui la déstabilisa un temps… Elle voulut faire une pause dans ce tourbillon cinématographique. Mais la sortie de « Moulin Rouge », présenté à Cannes, et le triomphe qui suivit, la regonfla. C'est dans son métier qu'elle va dès lors puiser la force de panser ses blessures. Sa merveilleuse composition de Satine pour Baz Luhrmann lui vaut une première nomination aux Oscars.
Elle tourne ensuite avec l'Espagnol Alejandro Amenabar, en prêtant ses traits à une mère de famille stricte, menaçante et démente de « Les autres ». Elle ose, se transforme, prend de l'assurance et fait merveille en incarnant Virginia Woolf dans « The Hours », de Stephen Daldry qui vient couronner une carrière déjà bien remplie d'un Oscar.
A force d'obstination, elle s'est forger un nom, devenue une star qui compte bien ne pas se contenter d'une aura qui pourrait lui assurer de figurer dans les plus grosses productions hollywoodiennes…
Non, elle préfère se faire peur, dans des projets plus travaillés psychologiquement, rêvant de tourner avec des metteurs en scène visionnaires qui sauront lui écrire des rôles lui permettant d'avancer, de grandir, de s'épanouir… Les projets sont nombreux.
A l'affiche déjà de « Dogville », premier opus d'une trilogie signée Lars von Triers, elle est aussi au générique de huit films, en tournage ou en préparation. Sous le glamour de la star, c'est une femme audacieuse, passionnée par son métier, qui dit ne vivre que pour lui, et qui affiche son désir d'un cinéma hors des sentiers normalisés des studios hollywoodiens…
Parmi ses souhaits futurs figurent entre autres Pedro Almodovar et François Ozon… Que du bonheur en perspective !