Vincent Pérez est né à Lausanne en 1964. Après avoir touché de la photographie, il entre à 18 ans au conservatoire d'Art dramatique de Genève avant de monter à Paris. Il intègre rapidement la troupe du Théâtre des Amandiers. Il va jouer Hamlet, Platonov… et vivra aussi la magie du Festival d'Avignon. Heureux au théâtre, le cinéma lui fait les yeux doux dès 1986…
Jean-Pierre Limousin lui offre son premier rôle dans « Gardien de la nuit ». 2 ans plus tard, il séduit Jacqueline Bisset dans « La maison de jade ». Il est alors vite catalogué comme jeune premier, éternel séducteur, le romantique dans toute sa splendeur…
En 1989, il rencontre Jean-Paul Rappeneau qui lui permet de se révéler au grand public. Il sera le beau Christian, amoureux éperdu de la belle Roxane, protégé et épaulé dans sa quête par Cyrano. Aux cotés de Gérard Depardieu et de la séduisante Anne Brochet, « Cyrano de Bergerac » lui apportera succès et notoriété. Viennent ensuite « Les voyages du Capitaine Fracasse » d'Ettore Scola, puis, en 1991, « La neige et le feu », de Claude Pinoteau, où il campe un jeune bourgeois résistant, fils d'un journaliste collaborateur…
L'année suivante, il revêt l'uniforme d'officier de marine pour « Indochine », de Régis Wargnier… Dans une plantation du bout du monde, les femmes n'auront d'yeux que pour lui. Son regard fera chavirer Catherine Deneuve. « Indochine » décrochera l'Oscar du meilleur film étranger et permettra à Vincent Pérez de pointer le bout de son nez outre-atlantique…
Amoureux léger et ironique de Sophie Marceau dans « Fanfan » d'Alexandre Jardin, en 1993, amant tragique d'Isabelle Adjani dans « La Reine Margot », de Patrice Chéreau, Pérez continue de séduire le public et les plus belles actrices …
Pour Michelangelo Antonioni, il fait une cour désespérée à Irène Jacob dans un film posthume « Par delà les nuages »…
Las de cette image de Don Juan, il va s'auto parodier dans « Le libertin » de Gabriel Aghion, après avoir donner un cap moins hexagonal à sa carrière.
« The Crow : la cité des anges », de Tim Pope, en 1996… « Au cœur de la tourmente », en 1997, où aux côtés de Rachel Weisz, il sera un aventurier ukrainien venu découvrir le nouveau monde… Il va fondre encore pour les beaux yeux de Kim Bassinger en 2000 dans « Je rêvais de l'Afrique », de Hugh Hudson…
Entre temps, il tourne « Le bossu » de Philippe de Broca avec Daniel Auteuil, le très beau « Ceux qui m'aiment prendront le train », avec Jean-Louis Trintignant sous la caméra de Chereau, ou encore « Le temps retrouvé » de Raoul Ruiz, où il donne la réplique à deux partenaires de charme, déjà croisées par le passé : Catherine Deneuve et Emmanuelle Béart.
Dans « le Pharmacien de garde » de Jean Veber, aux côtés de Guillaume Depardieu, il nous présente un profil plus ambigu, plus prompt à inquiéter qu'à séduire…
Après avoir tâter de la mise en scène avec « Peau d'ange », un drame sentimental, Vincent Pérez est aujourd'hui à l'affiche de « Fanfan la Tulipe », de Gérard Krawczyck, où il reprend le rôle dans lequel un autre beau jeune premier romantique avait fait sensation… Gérard Philipe en 1952…
Le Festival de Cannes passé, on le reverra dans « Le bonheur ne coûte rien », de Mimmo Calopresti, où, après un accident de voiture, il va retrouver les valeurs simples de la vie. Puis aux côtés de Sophie Marceau, il va former un couple dans la tourmente, dans « Je reste », de Diane Kurys…
A 39 ans, Vincent Pérez garde son charme de brun ténébreux dans les bras de qui les comédiennes les plus séduisantes les unes que les autres viennent se lover. Mais cette image très romantique, Vincent Pérez l'a peu à peu gommée, de film en film, pour épaissir ses personnages, en maniant l'humour, la dérision tout en explorant des rôles à la psychologie plus sombre…