Connectez-vous S'inscrire

Paul Oakenfold - A Lively Mind




A Lively Mind est le deuxième projet artistique solo de Paul Oakenfold et son premier sur EMI.
Auparavant, Paul a bien entendu sorti une myriade d’albums de remixes et d’autres projets dans lesquels il a pu exprimer sa fibre artistique.

Rappelons en effet que Paul Oakenfold a été pendant longtemps l’une des personnalités les plus importantes – si ce n’est la plus importante – de la culture club. Même ceux qui ne s’intéressent pas trop à la culture DJ ou à la musique connaissent le nom de Paul Oakenfold et ce qu’il représente. Quant à ceux qui pensent ne pas connaître la musique de Paul, ils l’ont en fait certainement entendue plus d’une fois, ne serait-ce que par le biais de sa présence à la radio et à la télévision dans des publicités pour des grandes marques telles que Coca-Cola ,Toyota, Motorola et Saab – toutes diffusées en 2005, sans oublier ses contributions à des films à succès comme Opération Espadon (dont il a signé la bande son), Matrix 2, Matrix Reloaded et Collateral de Michael Man ainsi que le thème de Big Brother – dont il est l’auteur En fait, lorsque Paul, le DJ superstar, s’est produit à guichets fermés dans le cadre du Hollywood Bowl il y a deux ans, d’aucuns y ont vu la preuve absolue de l’avènement de la ‘dance culture’ aux Etats-Unis – comme un courant musical aussi fort que n’importe quel autre sur la scène pop actuelle.

Cependant, lorsqu’il travaille en tant que DJ et/ou remixeur et qu’il sort des CDs de remixes (qui lui ont valu une nomination aux Grammy Awards), Paul n’exprime pas pleinement sa créativité musicale. A Lively Mind réunit en revanche 12 nouvelles chansons composées et crées par ses soins. Ce projet, fruit de son amour et sa passion pour la musique, qui était en cours de réalisation depuis trois ans, succède à Bunkka, son premier album solo à part entière vendu à plus d’un million d’exemplaires dans le monde et certifié disque d’or au Royaume-Uni en 2002.

"Dans le domaine de la création artistique, je suis comme un nourrisson, sevré et prêt à s’épanouir," déclare Paul en riant. "Je suis toujours convaincu que dans mon univers musical, qui a toujours été dominé par des instrumentaux, les chansons sont le moyen d’évoluer. Mais trouver de bonnes chansons, ça prend du temps. Surtout que, naturellement, je passais de ce projet à des musiques de films et des remixes avant d’y revenir lorsque j’étais inspiré. Certains titres ont été retravaillés à plusieurs reprises jusqu’à ce que je me sente à l’aise avec.”

"En plus, parallèlement aux 12 titres qui figurent sur ce disque, j’en avais enregistré quelques autres. Je n’ai pas tout gardé systématiquement. Parfois je suis revenu à plusieurs reprises sur des morceaux jusqu’à ce je sois content du résultat".

Mais, comme il le reconnaît lui-même, Paul Oakenfold n’est pas un chanteur. Dans Bunkka, il avait fait appel à des invités comme Perry Farrell, Ice Cube, Tricky, Nelly Furtado et – dans ce qui s’avèrera être son dernier enregistrement - Dr. Hunter S. Thompson. Dans A Lively Mind, il continue à faire appel à des voix atypiques. "Faster Kill Pussycat", le titre qui ouvre l’album et qui en sera le premier single, est peut-être le morceau le plus original et le plus étonnant pour ce qui est de l’invitée.

La chanson – qui a démarré sous la forme d’un titre rock et a été co-écrite par Kelly Dayton de Sneaker Pimps – évoque désormais un titre de Madonna, alors qu’elle était jeune et au sommet de sa forme – et est admirablement interprétée par... Brittany Murphy. Oui, il s’agit bien de la fameuse Brittany Murphy… Celle qui interprète la petite amie d’Eminem dans 8 Mile ou la femme fatale dans Sin City. L’actrice devenue diva a été recommandée à Paul par un ami commun - Oakenfold tient d’ailleurs à préciser qu’il ne connaît absolument pas le film culte de Russ Meyer, Faster, Pussycat, Kill Kill.

"Je cherchais un style et un feeling différent et quelque chose d’original," explique-t’il. "Je savais qu’il me fallait une chanteuse, je ne voulais pas de quelqu’un de connu, mais une personne venant d’un univers complètement différent du mien. Finalement, le cinéma s’est avéré le milieu idéal pour mener mes recherches car j’y passais aussi de plus en plus de temps. Mais surtout il me fallait quelqu’un qui sache vraiment chanter et c’était le cas de Brittany Murphy."

C’est encore le monde du cinéma – ou du moins d’Hollywood – qui a influencé l’un des autres titres phares de l’album réalisé cette fois avec la participation du célèbre Pharrell Williams. Ce titre, qui s’inspire des quatre années de résidence de Paul à Los Angeles, s’intitule "Sex 'N Money."

"En fait j’avais eu cette idée au moment de mon premier album, mais je ne l’ai pas gardée, parce que c’était trop hip-hop pour l’époque et que j’avais déjà suffisamment de titres dans cette veine," explique Paul. "Je l’ai donc laissé en suspens et suis retombé dessus un jour en cherchant des vieux morceaux. Les allusions au sexe et à l’argent dans les paroles me plaisent et je pense que de toute façon c’est encore plus pertinent aujourd’hui.

"C’est une chanson qui évoque l’aspect inhumain de Hollywood. Parfois à des soirées, il m’est arrivé d’être présenté à des gens qui, brusquement dès qu’ils aperçoivent une célébrité, disparaissent sans même finir leur phrase. Ce titre est donc vraiment le reflet d’Hollywood selon moi – il n’y a que le sexe et l’argent qui compte. Nous avons décomposé le morceau original et l’avons réécrit pour Pharrell, de manière à ce qu’il soit mélodieux et hypnotique et nous revienne par vagues."

Parmi les autres chanteurs intervenus sur ce projet figurent deux artistes signés sur le label de Paul : Spitfire (qui interprète "No Compromise" et "Feed Your Mind") et Ashley du groupe de rock Bad Apples (qui prête sa voix à "Vulnerable"). Il y a également une autre personne, que l’on peut qualifier de légende vivante : Grandmaster Flash. Celui qui a donné naissance à tout le mouvement hip-hop au début des années 80 avec le classique "The Message", se joint effectivement à Paul Oakenfold sur "Set It Off."

"Ça faisait longtemps que Flash et moi parlions de faire un titre ensemble, c’est le parrain ! C’est donc un grand honneur de travailler avec lui. Je ne crois pas qu’il y ait un autre DJ avec qui j’aimerai faire un disque, mais ça m’a vraiment plus qu’un type comme lui, qui a été à l’origine de tous les DJs, soit sur mon disque. Ça me plait que nos mondes se rencontrent et que nos sons s’affrontent. C’est pour cette raison que ce morceau est un peu plus électronique que certains autres. C’est un savant mélange de nos deux univers."

Savant mélange est aussi l’expression parfaite pour décrire A Lively Mind – un album d’une rare cohérence, dont le titre signifie “une personne active,” explique son concepteur. Il semble effectivement que l’équilibre ait été l’un des éléments clé de ce projet qui, selon Paul, devrait toucher un plus large public que Bunkka, son précédent opus qui tendait à aliéner une petite partie de son large public.

"Avec mon album précédent j’ai peut-être voulu aller trop loin," déclare rétrospectivement Paul. "Dans le domaine de la dance ou de l’électronique, je pense que les gens attendaient davantage du disque d’un DJ, alors que je voulais faire projet plus barré. La direction est une notion très importante pour moi – le fait de trouver un équilibre. Et j’ai eu le sentiment de perdre un peu l’équilibre avec Bunkka. Ce nouveau disque est donc davantage up-tempo, plus resserré musicalement et bien plus à l’aise par rapport à la scène électronique, tout en étant également ouvert sur des styles différents."

n fait, certains des titres et des thèmes de l’album, ont un lien direct avec l’univers électronique et dance, tant au niveau des paroles que des titres. "Save The Last Trance For Me" est, bien entendu, un jeu de mots inspiré du standard des Drifters, "Save The Last Dance For Me", tandis que dans "No Compromise", ses critiques en prennent pour leur grade et que l’instrumental "Amsterdam" rend hommage à une ville où sévit la plus importante scène dance d’Europe.

Il peut certes sembler absurde que Paul Oakenfold ait eu besoin de se sentir plus à l’aise avec la scène électronique, alors qu’après tout il a contribué à son émergence. On peut en effet retrouver et entendre son empreinte à plein de niveaux, des débuts du hip-hop à la naissance de la scène de "Madchester".

La carrière de Paul Oakenfold a démarré à Londres, où il a commencé à officier derrière les platines de petits clubs du West End. Fort d’une solide réputation, il décroche un poste d’artistique pour le label anglais Champion, où sa première signature sera Will Smith (qui fait alors encore partie de Jazzy Jeff & The Fresh Prince). Et sa deuxième ? Salt N' Peppa. Pas mal, pour un novice dans ce domaine. Après de brèves incursions chez Profile et Def Jam (où il se perfectionnera suffisamment pour ensuite pouvoir lancer son propre label en 1991), il revient au DJing.

Tout au long des années 80 et 90, Paul Oakenfold a changé la culture jeune en Europe. Il a été l’un des premiers DJ à avoir sa résidence à Ibiza, île qui sera l’emblème d’un nouveau son et le lieu d’un festival annuel. Il lance aussi des soirées ‘baléariques’ régulières à Londres, attirant un public crossover et a remixé des groupes légendaires comme les Stone Roses et autres Happy Mondays (dont l’album Pills 'N' Thrills and Bellyaches, qui sera le plus gros succès de leur carrière, a été produit par Paul et son partenaire Steve Osborne).

Son rôle clé sur la scène de Manchester lui sert de carte de visite dans le rock. Avec Steve Osborne, Paul remixe ensuite des groupes comme New Order, The Cure et Massive Attack. En 1991, il travaille pour la première fois avec U2 sur les remixes de "Even Better Than the Real Thing" et "Mysterious Ways" extraits de l’album Achtung Baby. Ce sera le début d’une longue collaboration avec le plus célèbre groupe irlandais du monde. Paul sera DJ sur leur historique tournée ZOO TV et remixera plus tard le titre "Beautiful Day", numéro un aux Etats-Unis et au Royaume-Uni dans les classements dance.

Au fil des ans, Paul a remixé des titres pour une myriade d’artistes allant de Madonna à Elvis Presley, de Justin Timberlake à Moby et Snoop Doggy Dog. Il a été le tout premier artiste de la scène électronique à figurer dans le Guinness Book of World Records – en tant que plus grand DJ du monde. Il est également le seul DJ à avoir une vitrine au Rock & Roll Museum du Hard Rock Cafe. En 2003, Paul s’embarque sur la tournée ‘Heineken Music Thirst’ – un projet, co-créé par Paul et Heineken, qui a pour but de découvrir les DJs les plus talentueux à l’échelle mondiale. La même année, Paul a donné un concert sur la Grande Muraille de Chine et a été couronné du prix "Pioneer of Dance Music" au Royaume-Uni lors de la soirée "Pioneers of the Nation", avant de se produire dans le cadre du concert caritatif pour la lutte contre le SIDA en Afrique du Sud organisé par Nelson Mandela, aux côtés de Bono, Peter Gabriel et Beyonce Knowles. La compilation de mixes de Paul Oakenfold, Another World (Perfecto) s’est vendu à plus de 500 000 exemplaires aux Etats-Unis, le meilleur score dans ce créneau.

Voici donc aujourd’hui A Lively Mind, un projet musical nouveau et frais sur le plan artistique. L’album marque le début d’une année 2006 au cours de laquelle Paul Oakenfold sera sollicité sur les musiques d’au moins trois nouveaux films – et remixera également plusieurs singles, dont un extrait du nouvel opus de Madonna, Confessions on a Dance Floor et un autre des légendaires Burning Spear.

Une tournée américaine et européenne sont également prévues après la sortie de son nouvel album.

En 2006 Paul Oakenfold continuera donc de vivre au rythme d’un emploi du temps frénétique, mais pour lui ce n’est de toute façon pas un travail : “Jamais je n’aurai pensé voir le monde au travers d’une pile de disques, mais j’adore toujours autant ça ! ‘’

Jeudi 8 Juin 2006 - 02:09
sur cette page