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Peut-on critiquer son patron sur Facebook ?


Trois employés de la société Alten ont été licenciés après avoir critiqué pendant un week-end leur hiérarchie sur le réseau social. Ils demandent réparation.



Sur Facebook, méfiez-vous de vos "amis". Trois employés de la société Alten, à Boulogne-Billancourt, en région parisienne, en ont fait l'amère constatation. Ceux-ci on été licenciés cette semaine après que leur direction a été avertie d'une de leur discussion privée sur le réseau social Facebook. En quelques lignes, l'un des salariés critiquait un samedi, depuis son domicile, sa hiérarchie et la DRH, ironisant sur un "club des néfastes", raconte jeudi France Info, qui révèle l'information. Les deux autres salariées impliquées dans le litige s'en étaient amusés en écrivant: "bienvenue au club".

C'est une quatrième personne, une de leurs "amies" sur Facebook, qui a selon la radio envoyé une copie de la conversation à la direction. Quelques semaines plus tard, les trois employés ont été mises à la porte, Alten estimant qu'il y avait dans ces propos "incitation à la rébellion" et "dénigrement".

Une première en France

Deux salariés ont porté l'affaire devant les prud'hommes, la troisième ayant accepté une transaction à l'amiable avec l'entreprise. Leur conteste les arguments de la direction, estimant que l'échange "n'a pas causé de troubles au sein de l'entreprise". "Nous sommes en plein dans la vie privée. L'équivalent, c'est de dire que si on a un dîner le soir et qu'un ami rapporte le lundi à un supérieur hiérarchique les propos tenus, on pourrait être licencié", estime-t-il sur France Info.

Le conseil des Prud'hommes de Boulogne-Billancourt, qui devait se prononcer en délibéré jeudi, n'a pas réussi à départager les salariés et leur employeur, la moitié des conseillers prenant fait et cause pour l'entreprise, et l'autre pour les employés. "C'est la porte ouverte à la délation. Si à l'avenir, on peut être licencié pour des propos tenus sur Facebook, c'est la vie privée qui est menacée", a dénoncé leur avocat. L'affaire a été renvoyée sine die et une prochaine audience aura lieu avec un cinquième conseiller, issu du corps de la magistrature. Décision crucial, puisqu'il pourrait bien faire jurisprudence, l'affaire étant une première en France...

Jeudi 20 Mai 2010 - 14:55



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