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Polder - White Out

Sortie le 21 mai 2012


Des climats qui oscillent entre folk intimiste et grands espaces, une pop à fleur de peau parfois griffée par un saxophone free jazz. Atmosphérique et rêveur.



Il fallait un nom qui évoque un paysage. Polder désigne de vastes étendues de terre conquises sur la mer, sur des marais littoraux, sur des lacs. Pour autant, les musiciens de Polder ne visent pas une réplique musicale de ce panorama caractéristique des Pays-Bas et de la Belgique. Mais l’idée que le nom du groupe suscite des images, un tableau, une vue d’ensemble avec un horizon leur convient bien.

Car depuis 2003 travailler avec des images correspond assez à leur façon de composer. A plus forte raison quand ils créent la bande sonore de pièces de théâtre ou qu’ils élaborent un climat pour un texte donné. Dans Polder, s’entendre sur une ambiance s’est toujours révélé plus fructueux que recourir à la théorie musicale. Sans doute parce qu’en la matière, Thomas Seron – guitariste à peu près autodidacte – et Pascal Lapeyre – bassiste en provenance d’un conservatoire – n’ont pas le même vocabulaire. Ca ne les a jamais empêchés de réaliser des concerts et des disques !

En 2007, « This Tree Won’t Bear Fruit For 3 Years » - EP de cinq titres - recevait même un accueil très encourageant : meilleur disque autoproduit du mois de mai pour le mensuel Magic et POPnews.com évoque par analogie Sparklehorse, Sonic Youth, Pavement ou Grandaddy. Premiers contacts avec le label Les Disques Normal.

Polder consacre les deux années qui suivent à la création d’un spectacle pluridisciplinaire - théâtre, vidéo et musique. Ces « 31 Fragments d’un paysage ferroviaire » sont joués à Bayonne, Avignon puis Paris.

Vient ensuite « White out », une volonté de chansons et de mélodies, un retour à l’anglais. Au sens littéral, le titre de l’album peut se traduire par jour blanc. Il s’agit d’un phénomène optique, surtout dans les régions polaires, quand le ciel est bas et blanc, et que la neige recouvre le sol : les contrastes disparaissent. Mais pensons aussi au blanc éblouissant du flash, qui a lui valeur de révélation.

En somme, c’est un titre à entrées multiples pour un album où les atmosphères varient du songwriting folk – Tremble, Swim, Neil - à un twist bruitiste – Feeler –, en passant par les loops pop de Movement ou Ophelia. Quant au final instrumental Baltic Sea, il pourrait être le dénouement - postrock? - d’un parcours en huit chansons. C’est aussi un espace vierge où Matthieu Lebrun – saxophones - a eu libre court.

Au fil de l’album, ces intrusions de free jazz dans la pop sont des souvenirs de Kat Onoma, de Morphine, de Mendelson et/ou une envie d’indiscipline pour bouleverser les jours blancs.

Le disque a été enregistré en analogique au studio Berduquet de Cénac (33). Thomas, Pascal & Matthieu ont établi la trame musicale des neuf titres, puis ils ont invité Paul Magne (batterie) et Delphine Sartore (voix) à enrichir les chansons.

Mardi 15 Mai 2012 - 22:27



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