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Radiosofa - Radiosofa

Sortie le 12 mars 2007





Ecrire la biographie de Radiosofa peut, au choix prendre quelques lignes ou faire l’objet d’une multitude d’ouvrages. On optera pour la première solution puisque la plupart de ces livres feront l’objet sans nul doute, de la longue et merveilleuse histoire du rock’n’roll dans laquelle ils s’inscriront, histoire qui sera écrite dans les années à venir.

Et pourtant l'histoire on la connaît. Quatre copains d'enfance, amis avant d'être musiciens, quatre types capables de réviser leurs vies avec la même pile de disques. Parce que le rock c'est cool, parce que c'est plus facile d'évoquer Morrison à 14 ans que les 80's, parce que leurs idoles meurent avec "grâce" et que jusqu'au bout la leçon reste la même : l'électricité.

Il a fallu quelques années de scène, de démos, du temps passé à déchiffrer les rock-scores, assimiler les gimmicks des aînés. Il a fallu répéter dans les greniers entre deux heures de lycée. Il a fallu vieillir, bien évidement évoluer avec les contemporains. Et c'est en Radiosofa qu'on trouve la dernière formule du groupe. Radiosofa est un combo rock originaire de Rouen. Quatre musiciens très différents, et pourtant incroyablement soudés. La musique qu’ils jouent est à leur image. Une unité qui vient de la richesse des univers qui la composent. Elle est sensuelle, énergique, lumineuse, colorée. Radiosofa, quand une section rythmique dont la colonne vertébrale construite par la basse de Ludwig, épaulée par la batterie de Mathieu trouve son équilibre entre l'originalité de l'écriture, du timbre de la voix inimitable de Thomas et l'évidence, la simplicité et la précision de la guitare de Fabien.

Ce mélange entre rock, sensualité et mélancolie le tout appuyé par une voix si particulière font de Radiosofa un groupe unique. Des chansons où les mots renforcent les mélodies pour sublimer leurs nuances. C’est au producteur Rudy Coclet qui a su capter en son temps l’énergie si particulière du chanteur Arno ou le minimalisme du groupe Sharko, qu’ils ont confié la production de leur album. Il a su ici, de par sa patte qui sait aussi se faire très colorée canaliser et restituer tout ce patchwork lors de l'enregistrement et du mixage dans son studio de la banlieue Bruxelloise.

La tache est ardue, conjuguer leurs goûts d'outre atlantique avec cette culture de chez eux qu'ils n'ont pas, faire du rock français à l'anglaise? Et voilà qu'arrive les textes en français, pour se sentir auteur plus qu'interprète, parce qu’il fallait savoir “ce qui est niché dans ta voix.” Entre le réel et l'imaginaire, sont des mots, les mots des sonorités, et ces sonorités des couleurs, qui viennent pousser la forme de la musique. Radiosofa, où le commencement de l'écriture spontanée.

Car si pour calmer les hommes, il leur était donné du pain, de la bière, et de la viande provenant de l’autel des Dieux, pour parfaire leur ataraxie, il leur sera donné ce premier album de Radiosofa. En quête de quiétude de l’âme, pour vraiment découvrir Radiosofa, il faut écouter et réécouter leur album. Mais pour les connaître il faut aller les voir sur scène restituer et transcender d'une manière brute, énergique mais sensible la richesse de leur musique. Radiosofa, où l'énergie du live côtoie la douceur du disque, où la sensualité de la scène se dispute à la fureur de l'album.

Leur rock prolonge et amplifie les valeurs hérités du romantisme telles que l’importance accordée aux sentiments, à la sensibilité, au rêve. Leur rock se nourrit de cette tension entre l’expansionnisme de la culture de masse et le marginalisme des créateurs. Il progresse en une succession de ruptures et d’assimilations, avec comme objectif de devenir populaire sans se perdre. Comment rester subversif dans une société ou tout y compris la subversion est transformé en produit ?

Avec Radiosofa, le corps social rock s’atomise et, malgré les apparences c’est une bonne nouvelle.

Lundi 12 Mars 2007 - 00:28
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