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Rodolphe Burger - No sport


L'album sortira en édition spéciale digitale le 24 novembre 2008 avec 3 bonus tracks ! Son nouveau single est "Ensemble" et il sera sur la scène du Bataclan le 15 janvier 2009.



Rodolphe Burger - No sport
Rodolphe Burger : « ça ne vous dit rien, ça ne vous rappelle rien ?... »* Et pourtant… A force d’arpenter en tous sens les chemins du son, ce chanteur-guitariste est aujourd’hui l’un des grands voyageurs du rock français, plébiscité par ses pairs, encensé par de nombreux critiques, et l’un des plus prolifiques tout simplement. Son univers musical, nourri des expériences les plus diverses, entretenu par des rencontres à première vue improbables, s’apparente à une galaxie en constante expansion. Entre rock mutant, boucles de mélancolie obsessionnelles, jungle de samples, électronique acide ou lunaire et poésie contemporaine, impossible de ranger son œuvre dans une seule boîte. Et ça tombe bien : Rodolphe ne veut pas de ça. En bon globe-trotter, il a choisi d’emblée l’itinéraire bis, empruntant les sentiers de traverse, sans relâche : le but du voyage n’est pas la destination, mais le voyage lui-même. « I’m a passenger, and I ride and I ride… » : pas un hasard si Rodolphe a fait siennes les paroles de la chanson d’Iggy Pop, maintes fois reprise par lui…

Alors, ça ne vous dit toujours rien ? Petite piqûre de rappel, donc…

Né en 1957 à Colmar, Rodolphe Burger devient professeur de philosophie au début des années 80 tout en exerçant ses talents musicaux au sein du collectif Dernière Bande, qui donne ensuite naissance à Kat Onoma, dont Rodolphe est le maître d’œuvre, au chant et à la guitare radioactive. De 1986 à sa séparation dix-huit ans plus tard, ce gang strasbourgeois demeure l’un des fleurons du rock français, cultivant sur sept albums une musique racée en équilibre instable, obsédante, subtilement imprégnée de blues tendu, de jazz en clair-obscur, de folk urbain et de post-punk ombrageux.
Dès 1993, parallèlement à l’aventure Kat Onoma, Rodolphe se lance dans une carrière solo avec le minimaliste et très acoustique Cheval-Mouvement. Cinq ans plus tard, l’ovni Meteor Show prend le contre-pied de son prédécesseur : avant-gardiste, mixé à l’acide par le sorcier Doctor. L, secoué de convulsions jungle et drum’n’bass, ce disque révèle les multiples cordes à l’arc du combattant Burger, larguant les amarres vers des cieux zébrés d’éclairs électroniques. L’album est aussitôt couronné par le prestigieux Grand Prix de l’Académie Charles-Cros, prouvant que son auteur ne s’est pas trompé de combat. Dès lors, les grandes embardées deviennent le quotidien artistique de Rodolphe, décidément peu attiré par les longs fleuves tranquilles. Amateurs de routine et de ronflements, passez votre chemin !

Depuis le milieu des années 90, les collaborations avec d’autres artistes se multiplient à un rythme effréné. Françoise Hardy, fan de la première heure, se voit offrir de nouvelles perles à son collier via les albums Le Danger (1996), Clair-Obscur (2000), Parenthèses (2006)… et même un duo de haute volée avec Iggy Pop, « I’ll be seeing you » ! Sur l’encensé Fantaisie Militaire, Alain Bashung hérite d’un inquiétant « Samuel Hall » cosigné par l’écrivain Olivier Cadiot, acolyte régulier de Rodolphe. Quant au phénix Jacques Higelin, il renaît en 2006 avec le flamboyant Amor Doloroso que son nouvel ami alsacien réalise pour lui, dans sa ferme-studio vosgienne.

Mais ce n’est pas tout, loin de là… Fondant en 2002 son propre label Dernière Bande, Rodolphe Burger en profite pour publier de nombreux projets discographiques pour le moins originaux. Paramour, premier album de l’envoûtante Jeanne Balibar, Blood & Burger en compagnie du mythique guitariste free James Blood Ulmer (idole de Rodolphe), Before Bach où le blues électrique croise le fer avec la tradition modale de Bretagne ou d’Orient (grâce à Erik Marchand et Mehdi Haddab), un sensuel Cantique des Cantiques orchestré pour le mariage d’Alain Bashung et Chloé Mons, une nouvelle forme de musique spatiale concoctée avec Yves Dormoy sur Planetarium, sans oublier les rêveries topiques élaborées avec Olivier Cadiot (On n’est pas des indiens, c’est dommage centré sur le territoire welche, Hôtel Robinson vivifié par les embruns de l’île de Batz)… Vous l’aurez compris, la carte musicale dessinée par Dernière Bande, réfractaire à la notion de frontières et de cloisonnement, ne ressemble à nulle autre : rivières, îles, vallées, collines et cieux s’y dilatent, se répondent et s’y fondent en un grand mouvement circulatoire…

Entre créations radiophoniques, performances multimédias, ciné-concerts (notamment sur L’Inconnu de Tod Browning), sonorisation du tramway de Strasbourg, musiques de films (Bled Number One de Rabah Ameur-Zaïmèche entre autres), sonorisation du Pavillon français à l’Expo universelle d’Aichi, cinépoèmes en compagnie de Pierre Alferi (autre écrivain contemporain et vieux compagnon de route), résidence au Conservatoire National de Musique de Strasbourg (2006-2007), participation à de multiples festivals tant en France qu’à l’étranger, Rodolphe Burger poursuit ses excursions sans avoir peur de se perdre dans des paysages aux contours sans cesse mouvants. « Se perdre » ne signifie pas « s’égarer », les grands voyageurs le savent bien…

Désirant faire partager son goût de l’aventure à un public varié, et lui proposer des expériences toujours plus originales, Rodolphe a également créé le festival trans-genres « C’est dans la Vallée » dans sa petite ville d’origine, Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin). En sept années, cette manifestation attirant des artistes de renom et investissant des lieux chargés d’histoire, dont la convivialité et l’amitié constituent les principales raisons d’être, est ainsi devenue l’un des rendez-vous artistiques les plus créatifs en France…

Aujourd’hui, pas décidé pour un sou à interrompre ses pérégrinations, Rodolphe Burger fait paraître chez Capitol son tout nouvel album réalisé avec Doctor. L, No Sport. Un disque de chansons, certes, mais encore un objet sonore venu d’ailleurs, et prêt à l’atterrissage le 18 février 2008. Le voyage n’est pas terminé, soyez prévenus…

* in « Reality Show », Far From The Pictures (Kat Onoma)
Anthony Boile

Jeudi 30 Octobre 2008 - 21:56



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