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SAINT ANDRE - Bleu de toi

Album prévu pour le début 2011




SAINT ANDRE - Bleu de toi
"Une bonne chanson, c'est une chanson simple. J'aime le format 3.30 mn. Les Beatles ont écrit le guide de la chanson pop et ça me va très bien." Ainsi Jean-Charles Santini, alias Saint André, résume-t-il son approche de la musique, au détour d'une conversation très vite devenue chaleureuse, par une belle journée de printemps à Paris. Bien sûr, le concernant, on serait tenté d'ajouter quelques refrains de Sting & The Police, de Queen, de Souchon, de Sheller et autres orfèvres de la chose pop. Voire, en remontant plus loin, au temps d'une enfance corse passée à étudier le piano quand d'autres allaient à la plage, aux mélodies délicates de Michel Berger, puis aux arrangements jazzy du génial Bill Evans, décryptés dans la pénombre des volets clos, par une après-midi saturée de soleil.

De fait, l'histoire de Saint-André se confond singulièrement avec le destin de ce jeune musicien corse, à la fois chanteur, pianiste, guitariste. Mais surtout auteur-compositeur amoureux jusqu'à l'obsession de belles mélodies et d'histoires qui ressembleront souvent à un scénario de film. Parti terminer ses études à Liège, notre héros a le coup de foudre : "Tout de suite, je me suis senti incroyablement bien dans cette Belgique que je ne connaissais pas. Peut-être parce que j'y ai rencontré tous mes fantasmes de culture pop anglo- saxonne. Y compris les maisons de briques rouges qui me donnaient l'impression de rentrer dans la pochette de Definitely Maybe d'Oasis.
Avec trois autres complices, Jean-Charles va donc former Saint André - du nom du village dont il est originaire en Corse. Et s'intégrer le plus naturellement du monde à la scène musicale locale, toujours en perpétuelle ébullition. Le garçon qui écoutait en boucle Bring On The Night trouve, au pays de dEUS et de Brel, le moyen d'exprimer un certain idéal pop qui, ici, pourra parfois furtivement évoquer les grandes heures des Innocents - pour la grande tenue harmonique - avec quelques embruns de Souchon dans la voix... et dans l'exigence?: "Ce que j'aime chez lui, confirme Jean-Charles, c'est cette façon de parler de choses simples, du quotidien, mais toujours avec élégance. Quitte à faire un voyage, il faut le faire en première classe, sinon, ça ne vaut pas la peine..."

Côté voyage, justement, le premier album de Saint-André, quoique publié sur un petit label indépendant, connaît un succès plus qu'honorable - suffisant en tous cas pour partir sur la route, à la rencontre du public. Pas encore tout à fait la première classe, non, mais un univers qui intrigue, séduit, finit par s'imposer en douceur. Ce qui n'endigue en rien, chez Jean-Charles, l'envie tenace de s'évader à nouveau vers d'autres horizons: "Pour moi, dès le début, toutes ces heures où je m'enfermais à écouter Supertramp ou John Barry , c'était un visa pour moi. Un visa qui me permet de jouer aujourd'hui." Avec, parfois, des changements de cap, de perturbants Y, des chemins qui se séparent. La vie, tout simplement. Celle que capture ses chansons, dont la profondeur se dissimule presque toujours sous des dehors d'une grande simplicité. Ici, une mariée qu'on rêve de détourner du droit chemin, là, un faux loser sur le banc de touche, ailleurs, le doux frisson qu'on éprouve juste à l'instant (forcément amoureux) où l'on perd le contrôle...

A travers Saint-André, Jean-Charles finit donc par se trouver. Et par se réaliser, surtout, à travers ce deuxième album en cinémascope - parce que forcément influencé par le cinéma, du Lauréat à Jean Becker et quelques road movies comme on les aime - en partie grâce à l'intervention d'un metteur en son au dessus de tout soupçon, Jean Louis Pierot, connu pour ses collaboration avec Etienne Daho, Renan Luce ou Miossec. Entre-temps, le son de Saint-André a franchi la frontière, pour distiller ses refrains en état de grâce, tel quelque nuage acidulé venu d'un ailleurs qui nous fait toujours rêver. Du banjo en apesanteur de Bleu de toi ensoleillé par un joyeux gimmick vocal aux arpèges folk-rock de Les Contes de fées (sont souvent méchants) qui clôt magistralement le disque, en passant par les choeurs si Beach Boys d'un Ne t'en fais pas très british, c'est bien une nouvelle ligne claire qui se dessine, cette fois sur des portées imaginaires, qui nous font croire à d'éternels arc-en-ciel pop, soudain à notre portée.

Mardi 14 Septembre 2010 - 11:57



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