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SHURIK'N (IAM) DE RETOUR EN SOLO


Après un premier album culte « Où je vis » sorti en 1998, le rappeur Shurik'n, pilier du groupe IAM et figure incontournable de la scène hip hop hexagonale, revient enfin en solo avec la sortie d'un nouvel album "Tous m'appellent Shu" le 23 avril prochain et une tournée française.



SHURIK'N (IAM) DE RETOUR EN SOLO
Shurik’n n’a plus rien à prouver, mais beaucoup de choses à dire. Avec IAM, Shurik’n, alias Geoffroy Mussard, a repoussé les limites de la langue, imposant dès le début des années 90 un style à la fois complexe et direct. Il est de ceux qui ont posé la planète Mars, alias Marseille, sur la carte de France rapologique.

Dix ans après les débuts d’IAM, Shu a enfin sorti un premier album solo, Où Je Vis, qui a résisté à l’épreuve du temps. Shurik’n se souvient : « L’album était sombre, il est devenu classique grâce au public. On m’en parle encore aujourd’hui, y compris des gens qui n’avaient pas l’âge pour l’écouter quand il est sorti en 1998 ». Pourtant, le second solo a mis longtemps à arriver à maturation.

1998-2012 : quatorze ans pour retrouver l’univers si particulier de celui que tous appellent Shu, avec quinze titres d’une qualité conforme à la norme marseillaise. Le grand retour ? Pas vraiment, car Shu n’est jamais parti très loin. « Ça n’est pas un come-back vu qu’il y a eu beaucoup de projets, j’ai travaillé pour d’autres artistes, je me suis amusé, j’ai cette chance là. Et puis avec IAM, ça fait quatre ans qu’on tourne depuis non-stop. Les idées se sont imposées au fur et à mesure, l’envie est revenue aussi subitement que pour le premier solo ».

Tous M’Appellent Shu n’est pas l’album d’un gamin mais celui d’un artiste au fait de son art, riche des expériences humaines et professionnelles qui ont jalonné son parcours. « C’est un album qui me ressemble bien », explique son auteur. « Je n’avais pas la prétention de faire autre chose.

J’ai pleinement conscience que ma vie avait changé, je suis devenu père. Et je savais qu’il y aurait des sujets qui passeraient largement au-dessus de la tête de certains auditeurs, mais ça fait partie de la vie, le rap a l’âge qu’il a et doit vivre avec son temps. Le problème serait si je ne voulais m’adresser qu’à des jeunes de 18 ans. Qu’ils viennent m’écouter, c’est un compliment, mais je n’ai jamais donné dans le jeunisme ».

Avec Shu, le rap n’est jamais un business, mais toujours personnel. « J’ai choisi seul mes sujets, même si je tiens compte des avis de ceux qui m’entourent. “La Même Chose“ n’aurait pas été sur un album d’IAM, “Mon Fils“ non plus. Quand tu entends aux infos qu’un gosse s’est fait poignarder sans raison et que tu es père, ça te perturbe différemment. Je me suis demandé quelle serait ma réaction primale si ça m’arrivait.

Qu’est-ce qui se passe dans ta tête ? Avant je n’aurais pas été capable d’écrire un texte comme celui-là, aujourd’hui je peux l’assumer ».

Si l’écriture est d’une solidité à l’épreuve des balles, les flows de Shu ont su évoluer, se confronter aux musiques comme jamais auparavant. Là où le premier solo était entièrement composé par lui, ce nouvel opus propose des musiques venues d’ailleurs. Shu s’en explique : « Je voulais rapper sur des morceaux produits par d’autres, pour trouver des atmosphères différentes. Il y a Imhotep sur “Le Sud“ et “Tant Que Le Clic Tourne“, Akhenaton sur “Une Flamme Dans Le Noir », “Comme Vous“ et “Tranche De Vie“. Et aussi Njaga, Haytem, GR & F, Sensay de Lausanne.

Je me remets en question, j’essaie de coller à la musique. Je n’impose pas mon flow comme sur mon premier album, le résultat est moins uniforme ».

Compositeur du légendaire classique d’IAM « Demain C’Est Loin », Shu s’est gardé trois sons, celui de sa profession de foi « MC » et de ses deux chansons les plus personnelles, « La Même Chose » et « Mon Fils ».

Les ambiances sont dans la pure tradition du hip-hop, avec des échantillons de soul et des beats solides. « Il y a beaucoup de samples, le plus gros c’est celui du dessin animé Naruto sur “Comme Vous“. On aurait pu tout rejouer mais je suis un rappeur à l’ancienne. J’ai gardé les beaux samples. On les trafique, on les épice, mais ça reste du sample ».

Tous M’Appellent Shu ? Un disque puissant, sincère, celui d’un MC qui continue à creuser son sillon dans la saga d’un rap français en perpétuelle évolution.

« Il y a des choses qui ne changent pas : le respect, ça se gagne », peut-on entendre dans le morceau « Tranche de Vie ». Pour Shu, c’est déjà gagné. Olivier Cachin

Jeudi 29 Mars 2012 - 18:17



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