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SOPHIA CHARAI : Nouvel album, conert et le clip de Pichu


SORTIE DE L'ALBUM "PICHU" LE 10 JANVIER 2011
EN CONCERT LE 15 DECEMBRE 2010 AU CHINA



SOPHIA CHARAI : Nouvel album, conert et le clip de Pichu
Avec Pichu, son premier album chez Universal Classics & Jazz, Sophia Charaï dévoile les sortilèges d’une musique-carrefour qui ressemble à sa vie : voyageuse parisienne, artiste aux arts variés, expérimentatrice de traditions, mère d’enfants métis… S’il fallait à tout prix la résumer, on pourrait dire qu’elle est une chanteuse de jazz aventurée dans les musiques du monde, ou alors une chanteuse du Sud redessinant les contours de la mondialisation.

Sophia arrive à dix-sept ans à Paris, pour des études d’architecture tout à fait naturelles dans son milieu. Mais elle n’a pas vraiment l’intention de rentrer au pays, au contraire de tous ses camarades venus se faire diplômer en France. Ce sont ses études d’architecture qui l’amènent à chanter : « Pour faire connaître son école, notre directeur a eu l’idée de nous faire monter un énorme spectacle avec soixante personnes sur scène. » Les élèves font tout, de l’écriture aux décors. Et Sophia chante, très naturellement, une fois qu’elle parvient « à dominer l’émotion immense qui m’envahissait quand je chantais. Au début, je pleurais dès que je chantais. ». Elle aura son diplôme et construira même quelques maisons, mais elle bifurquera vers le circuit des clubs de jazz avec les reprises des grands classiques, puis de premières collaborations en français, des rencontres dans plusieurs langues… Pendant ce temps, elle continue son chemin de vie, son chemin d’artiste. Elle est photographe, expose, tente plusieurs expériences au théâtre, dessine deux collections de haute couture…


Il lui sera aussi difficile d’expliquer à son père qu’elle ne rentrera pas au Maroc, qu’elle va devenir artiste et qu’elle va épouse un étranger. Ce dernier est Mathias Duplessy, guitariste, compositeur et producteur (Enzo Enzo, Dikès, Bevinda…) avec qui elle s’aventure dans des chemins souvent inédits pour des musiciens français. Ensemble, ils voyagent à la rencontre du flamenco ou parcourent l’Inde des musiques. Là-bas, ils enregistrent des bandes originales de films indépendants indiens ou se lancent dans des jam sessions effrénées dans des maisons amies. La voix jazz et les voix indiennes, la guitare flamenca, le sarangi et le tabla : des musiciens savants, des musiciens des rues et des musiciens de la bohème parisienne tout ensemble.

Pichu raconte tout cela, et dans une langue qui a rarement connu tel dépaysement : « Mon premier album était en arabe littéraire, dit Sophia. Je voulais quelque chose de plus rugueux, une matière et une mise en bouche plus directement sensuelles. Au départ, c’est un pari de chanter de telles mélodies en marocain, mais c’est vite devenu une évidence. »

Elle apporte ses envies de rythmes (le 6-8 jaillissant de sa mémoire d’enfant marocaine), Mathias Duplessy construit des ambiances musicales en jouant très vite tous les instruments, puis elle compose une mélodie. Elle se souvient parfois du Chopin joué au piano pendant dix ans de son enfance, retrouve le Brésil ou le jazz des nuits parisiennes, s’émerveille de ses butins indiens ou flamenco. Faire de la world en anglais ? « Il était logique de prendre une autre langue quand on va vers toutes ces couleurs à la fois. Pour le marocain, je travaille avec Mohamed Zemmouri sur le texte, en créant des scénarios qui se greffent sur le climat musical. » Personnages abracadabrants, confessions poétiques, souvenirs masqués : pour la première fois, la langue marocaine s’évade dans le maelström d’accointances, de souvenirs et d’appartenances d’une musicienne du nouveau siècle.


Jeudi 2 Décembre 2010 - 17:48



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