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Scissors Sisters - Ta Dah (Nouvel album 2006)

Le 18 septembre 2006


Deux ans après leur spectaculaire avènement, les Scissors Sisters sont sur le point d’entrer à nouveau dans l’atmosphère de la planète pop avec grand fracas. Leur étincelant nouveau single, I Don’t Feel Like Dancin’ est destiné à faire mentir son titre et va faire du grabuge sur les dancefloors.



Ecoutez Scissor Sisters - Ta Dah (nouvel album 2006)


Deux ans après leur spectaculaire avènement, les Scissors Sisters sont sur le point d’entrer à nouveau dans l’atmosphère de la planète pop avec grand fracas. Leur étincelant nouveau single, I Don’t Feel Like Dancin’, est destiné à faire mentir son titre (‘Je n’ai pas envie de danser’) et va faire du grabuge sur tous les dancefloors de Brooklyn à Birmingham.

La chanson possède peut-être un son festif – mais le texte, comme le suggère le titre, est résolument pessimiste, racontant l’histoire de quelqu’un qui préfèrerait passer une soirée tranquille plutôt que de sortir faire la fête. Sûrement pas…

“Voici ce qui s’est passé,” commence Ana Matronic. “Nous étions en tournée depuis près de deux ans, jusqu’en mars 2005, bien que tout ne se soit complètement arrêté qu’après le V festival en août dernier. Pendant ce temps, le grand succès est arrivé en majeure partie pendant que nous étions en Angleterre, à des milliers de kilomètres de chez nous. Quand nous sommes finalement rentrés à New York et que nous avons essayé de reprendre le fil de nos vies de tous les jours, nous nous sommes sentis comme des astronautes rentrant dans l’atmosphère après un long voyage dans l’espace. Ça avait été tellement dingue, plein de succès, incroyable, coloré et amusant – comme si c’était le réveillon tous les soirs… mais il nous a fallu environ 365 jours de l’an pour nous remettre!”

Récapitulons brièvement: les Scissor Sisters sont Jake Shears (chant principal), Ana Matronic (chant), Babydaddy (basse, guitare, banjo, clavier, gourou de la technique), Del Marquis (guitares) et Paddy Boom (batterie). Ils se sont formés à New York en 2001. Jouant initialement dans le circuit de l’electroclash arty new-yorkais, ils ont signé un contrat en Angleterre avec Polydor à la suite de leur reprise instantanément inoubliable de Comfortably Numb dans un style les-Bee-Gees-chantent-Pink-Floyd, qui a pris le Top 10 d’assaut dès sa sortie anglaise en 2004.

Les Scissor Sisters ont entamé l’année 2004 comme un groupe de première partie à peine connu, pour la terminer en tant que phénomène pop. Leur premier album éponyme, qui a engendré quatre autres hits (Take Your Mama, Mary, Laura et Filthy/Gorgeous), a été l’album le plus vendu cette année-là, et il s’est à ce jour écoulé à plus de 2,4 millions d’exemplaires rien qu’en Grande Bretagne. Ils ont joué à guichets fermés devant les foules du monde entier, dont un show à Glastonbury qui a laissé tous les spectateurs présents pantois et un passage triomphal en tête d’affiche du V festival en Angleterre devant 75 000 personnes. Ils ont été en couverture de tous les magazines, du NME à Mixmag (un des rares groupes à plaire tout autant aux fans de rock qu’à ceux de dance music), ont été désignés groupe de l’année par l’Observer Music Monthly et, en 2005, ont triomphé aux Brit Awards (l’équivalent anglais des Grammy’s) en l’emportant dans les catégories ‘Meilleur Groupe International’, ‘Meilleur Nouvel Artiste International’ et ‘Meilleur Album International’ – la première fois qu’un groupe remportait les trois prix internationaux. Lors de la cérémonie, ils ont également donné l’un des shows les plus commentés de tous les temps, partageant la scène avec une bande de marionnettes d’animaux de la ferme, créées par Jim Henson (le créateur des Muppets).
Puis les Scissor Sisters sont rentrés chez eux. Retour à la vie, retour à la réalité. Jake s’en souvient comme d’une des plus grandes claques de sa vie, qui a eu sur lui un effet à la fois mental et physique. “Quand on fait l’expérience de quelque chose comme ce que nous avons vécu, en étant constamment sur scène, le corps s’habitue à d’immenses quantités d’adrénaline. Une fois de retour chez moi, j’avais toujours d’énormes montées d’adrénaline, alors que je n’aurais plus dû en avoir. Tu essaies de te relaxer et soudain tu te sens comme si tu voulais t’arracher la peau et t’envoler.”

Il y a le joyeux glam-rock-disco She’s My Man, qui contient ce vers intriguant: “Elle étrangle pendant un bon moment et elle tue mon self control.” L’explication? “C’est basé sur une femme appelée Annie Christmas, qui était une légende populaire de la Nouvelle-Orléans. C’était une dame gigantesque, une pirate, une voleuse et une tueuse qui se faisait passer pour un homme. Cette chanson est écrite du point de vue de quelqu’un qui est amoureux d’elle… Je suis complètement fasciné par la Nouvelle-Orléans. C’est une ville construite par des putains et des voleurs. Ça me fascine – je suis très inspiré par la musique qui vient de cette ville. Je pense que ça s’entend sur le disque.”

Puis il y a le délicieux Might Tell You Tonight, rempli d’harmonies, “la seule chanson d’amour que nous ayons jamais écrite. Ça parle de ce moment étrange où tu tombes amoureux et où tu le ressens simplement avec une grande force”. Et l’épique Land of a Thousand Words, né de l’obsession du groupe pour les génériques de James Bond (Nobody Does It Better, Live and Let Die et autres). “Je ne suis même pas un fan des films – ils m’ennuient à en mourir!” admet Jake. “Mais, oh mon Dieu, les chansons, les images, les génériques… ces chansons classiques chantées par des femmes qui sont toujours juste hors d’atteinte. C’est cette tristesse, tu sais, tu es là avec moi maintenant mais je sais que tu vas devoir sauter hors du lit et aller tuer des gens.”

Ana, de son côté, délivre une partie vocale bien à elle sur Kiss You Off. “Ce n’est pas une chanson d’amour, c’est une chanson de fin d’amour,” dit-elle en ricanant. “ça parle du fait de savoir qu’on vaut mieux que la façon dont on est traité dans sa relation amoureuse, et de se barrer. Et puis de lui dire d’aller se faire foutre! Je pense que c’est une bonne chanson de rupture pour beaucoup de gens.”

Et si cela fait naître un sourire, The Other Side est bien capable de vous faire pleurer. “ça parle de contempler la fin, de ne pas vraiment vouloir que quelqu’un s’en aille, mais de savoir que finalement la mort… la mort est la fin. Il s’agit en fait de dire à quelqu’un que quand je partirai, si je dois partir avant toi, je t’attendrai. Il y a là une certaine mélancolie, définitivement,” dit Ana.

Savoir si cette mélancolie, ou les mois passés à lutter pour se retrouver, sont implicites dans le titre de l’album, reste toutefois une question ouverte (et les débats ont déjà fait rage sur les sites de fans, au grand amusement de Jake). Le disque s’appelle simplement, Ta-dah. “ça m’est venu au milieu de l’enregistrement, et ça ne m’a plus quitté,” dit Jake. “C’était simplement là. J’y revenais sans cesse. Je pense que ça a beaucoup de sens et de niveaux différents. Si on regarde juste le mot Ta-dah sans point d’exclamation, sans point final, c’est très abstrait. Il y a de la magie, de l’illusion, derrière ce mot – on pense à une performance, à un spectacle. Mais Ta-dah est aussi une attente. Parce que c’est un second album, il y a un aspect de représentation…

“Ta-dah. Et maintenant, voici ce que nous avons fait. Voici ce que c’est.”

Pour découvrir l’album en avant-première :

http://www.hyperlaunch.com/scissorsisters/idontfeelikedancin/generic1.html

Quand ils ont commencé à se concentrer sur l’élaboration de leur deuxième album, l’été dernier, ils ont été submergés par le poids soudain étouffant de l’attente engendrée par le succès du premier album et par un doute lancinant. “La première fois, nous n’avions même pas réalisé que nous étions en train de faire un album,” dit Jake. “Ce n’était même pas notre intention. Nous nous contentions de nous amuser, d’écrire des chansons.” Cette fois-ci, les enjeux étaient beaucoup plus élevés, ils avaient la pression et, pour la première fois, ils se sentaient gênés, incertains. “Et comme le premier album était un mélange tellement éclectique, nous pouvions aller dans n’importe quelle direction,” dit Ana. “Il y avait beaucoup d’options – Et parfois il arrive qu’il y en ait trop.”

La boule à facettes avait cessé de tourner, mais les Scissor Sisters avaient un plan: enregistrer une chanson dance amusante et optimiste parce que a) la planète a besoin de se remonter le moral (“chaque fois que nous allumions la télévision, il semblait que la situation politique dans le monde devenait de pire en pire” dit Babydaddy) et b) ils avaient besoin de se remonter le moral.

La solution: I Don’t Feel Like Dancin’ – qui est probablement la chanson sonnant de façon la plus gaie jamais écrite à propos du fait de rester chez soi et de se sentir malheureux. “Chanter qu’on n’a pas envie de danser, c’était la seule façon d’écrire une chanson dance amusante, mais qui soit quand même honnête,” conclut Jake.

“La chanson parle aussi du fait d’être amoureux,” ajoute Ana. “Il y a un vers qui fait, ‘Je préfèrerais être à la maison avec la personne que j’aime, au lit jusqu’à l’aube” – et je pense que ça résume beaucoup de choses à propos du fait d’être constamment en tournée, loin de celui ou de celle qu’on aime.”

Avec Dancin’… dans la boîte, le nuage s’était envolé, révélant quelque chose de positif – les idées commençaient à affluer de nouveau. “ça nous a donné un espoir renouvelé en nous-mêmes,” dit Jake. “Il y a beaucoup d’anxiété et d’autocensure qui rôdent quand vous vous retrouvez face à ce genre de pression. Mais nous avons réalisé qu’en fin de compte nous étions spéciaux ! Et qu’il y avait entre nous quelque chose d’incroyable qui continuait. Ça a été extrêmement libérateur.”

Ils ont déménagé leur studio de la pièce principale de chez Babydaddy – où ils avaient enregistré leur premier album – à un immeuble loué quelques rues plus loin. “C’était le moment,” note-t-il, “pour moi de faire une pause et d’aller à pied au travail tous les jours.” Dans le but de créer une atmosphère appropriée, ils se sont rendus au studio (qui, dit Ana, “ressemblait à une grange du film Beyond The Valley of the Dolls”) l’ont repeint en argent et bleu, et l’on renommé Discoball Jazzfest.

Mais ils n’ont pas tout changé. “Nous vivons toujours dans des petits appartements à New York, nous traînons avec les mêmes amis et allons au café tous les matins,” dit Paddy. Pour Jake, le succès signifie que “je peux sortir et acheter tous les DVD que je veux, ou un tas de CD ou de jeux vidéos.” Pour Ana, ça signifie acheter plein de livres et le fait que “j’ai maintenant un compte épargne.”

Les Scissor Sisters ont alors commencé à raffiner leur myriade d’influences et d’inspirations – parmi lesquelles, dans le désordre, les génériques de James Bond, la disco des débuts (Hamilton Bohannon, Creative Source, The Blackbyrds), le funk et le rare groove, Fleetwood Mac, Dr John, la ville de New Orleans, le bluegrass, Billy Joel, Goldfrapp, Roxy Music, et Paul McCartney – on reparle de ce dernier un peu plus loin.

Le résultat final est, comme toujours, de la pop sauvagement éclectique, brillante, pleine de vie. Le son général? “Il est plus plein,” dit Del, “et plus épais. Et Jake [qui, avec Babydaddy, forme l’axe principal d’écriture des chansons au sein du groupe] est devenu terriblement verbeux.”

“C’est marrant, quand j’écris une chanson, il faut que je visualise certaines choses dans ma tête,” dit Jake. “J’ai également besoin d’avoir une histoire. Si je n’ai pas en tête le récit ou les images, je ne peux pas l’écrire.” Parfois, les histoires émergent de façon très étrange. “Je fais des rêves vraiment très frappants. J’en ai fait un à propos de Paul McCartney. Nous étions seuls dans une pièce, nous avions une discussion à propos de l’écriture de chansons. Il me disait des trucs incroyables. Puis, juste avant que je me réveille, il a dit – et ça a l’air un peu louche, hors de ce contexte – ‘C’est la musique qui me rapproche de toi’. C’était comme si j’avais eu une apparition ou un truc de ce genre.” Ce qui, en un mot, est l’histoire derrière la chanson Paul McCartney, co-écrite avec un invité très spécial, le guitariste de David Bowie, Carlos Alomar. Jake a rencontré Macca peu de temps après avoir écrit la chanson, et lui en a parlé. “Il doit penser que je suis totalement cinglé – mais il m’a donné son adresse, en disant qu’il adorerait l’entendre.”

Samedi 16 Septembre 2006 - 21:08
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