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Senna, film documentaire au cinéma

Sortie le 25 mai 2011


Le destin exceptionnel d’Ayrton Senna, ses réalisations sur et en dehors de la piste, sa quête de perfection et son statut mythique constituent le sujet de ce documentaire. Le film relate ses années légendaires de pilote de F1, de la saison 1984 à sa mort dix ans plus tard. Plus qu’un documentaire destiné aux fans de courses automobiles, SENNA s’affranchit des conventions du genre pour privilégier une approche cinématographique. Le film recourt abondamment à des images pour la plupart inédites, extraites des archives de la Formule 1.



Senna, film documentaire au cinéma
Le destin exceptionnel d’Ayrton Senna, ses réalisations sur et en dehors de la piste, sa quête de perfection et son statut mythique constituent le sujet de ce documentaire. Le film relate ses années légendaires de pilote de F1, de la saison 1984 à sa mort dix ans plus tard.

Plus qu’un documentaire destiné aux fans de courses automobiles, SENNA s’affranchit des conventions du genre pour privilégier une approche cinématographique. Le film recourt abondamment à des images pour la plupart inédites, extraites des archives de la Formule 1.

Réalisé par Asif Kapadia
Avec Ayrton Senna, Alain Prost, Milton da Silva...

GENÈSE

Les histoires que son père lui racontait plus jeune à propos de Senna – qu’il a connu alors qu’il travaillait pour une marque de tabac, sponsor en 1985 de sa Lotus noire -, ont inspiré le producteur James Gay-Rees : « Mon père rentrait de chacune de ces courses, en disant toujours que ce jeune homme avait quelque chose d’unique. Peu ordinaire, il se démarquait des autres pilotes. Il était très sûr de lui, avait de solides convictions et son intensité le singularisait ». C’est ainsi que le documentaire sur ce pilote de légende est né.

En mars 2006, Gay-Ress et Manish Pandey, scénariste et producteur délégué, ont franchi une étape déterminante quand la famille d’Ayrton Senna a accepté un rendez-vous pour étudier la possibilité de faire un film sur son fils.

La proposition des réalisateurs a remporté l’adhésion de la famille : « Tout est question de confiance, commente Gay-Rees Chacun doit être assuré que vous ferez au mieux ». Les producteurs ne voulaient pas se focaliser uniquement sur la mort tragique du pilote ; ils souhaitaient explorer différentes facettes de sa vie extraordinaire. L’existence de Senna ne se résume pas à un conte de fées où un jeune homme pauvre devient riche - il est d’ailleurs issu d’une famille aisée de Sao Paulo -, c’est une histoire éblouissante, marquée par son approche de la vie singulière, son génie qui s’exprimait derrière le volant et des croyances profondément enracinées en lui.

« C’est cet aspect spirituel qui attire beaucoup de gens, poursuit Gay-Rees parce que les grands sportifs évoluent dans une zone, légèrement au-dessus du commun des mortels ».

Ce avec quoi le scénariste Manish Pandey est d’accord, se remémorant la course stupéfiante de Senna en 1984 à Monaco, sous une pluie battante : « Il aurait du glisser comme un skate avec sa voiture mais ce qu’il a accompli était incroyable. Cela tenait au côté spirituel de sa personnalité. C’est comme s’il survolait la piste ».

La conduite de Senna, alliée à son talent immense, faisait de lui un sujet de film stimulant.

L’HISTOIRE

Senna, film documentaire au cinéma
Pour le producteur Eric Fellner, co-président de Working Title Production, SENNA est la preuve d’un travail passionné, en plus d’être le premier film documentaire jamais produit par la compagnie : « Nous n’avions jamais fait de documentaire avant mais c’est assurément le meilleur medium pour parler de Formule 1 ».

Quand les producteurs ont fait appel à Asif Kapadia, ils savaient qu’ils avaient engagé un metteur en scène talentueux. Diplômé du Royal College of Art, le réalisateur de The Warrior (BAFTA du meilleur film) et du thriller Far North, a un sens aigu du cadre.

« La manière la plus évidente de raconter l’histoire de Senna est de s’intéresser à la course qui lui fut fatale à Imola. Cela aurait été fascinant mais facile », commente Pandey.

Asif Kapadia, qui n’est pas à la base un passionné de sports, ni de Formule 1 confie : « Je voyais à quel point Senna était un pilote exceptionnel, doté d’une profonde spiritualité. Aussi, il s’agissait d’épurer le film au maximum pour que quelqu’un qui n’aime pas la F1 ou qui ne connaît pas Senna, puisse comprendre le film, le personnage et se laisser émouvoir par son histoire. Tout tourne autour du personnage. Nous cherchions à faire un film sur la course automobile. Je faisais un long métrage avec des acteurs non professionnels ».

Le réalisateur souligne la rivalité entre Prost et Senna et sa lutte contre les juges : « Je ne suis jamais vraiment intéressé aux « gentils ». Senna possède une part un peu obscure, ce dont je me suis rendu compte quand nous avons fait des recherches plus approfondies pour le film. « L’outsider du Brésil » ressort, ce qui s’inscrit en cohérence avec mes films qui abordent toujours la condition des étrangers. Même si Senna n’était pas un pauvre gosse, il est venu en Europe et s’en est pris aux pilotes qui dominaient le circuit ainsi qu’à l’administration qui semblait favoriser Prost ». En 1988, Senna a rejoint son rival français dans l’écurie McLaren. Prost était le champion du monde et les deux sont devenus de fiers compétiteurs.

En 1988, les commentateurs s’accordaient à dire que si Senna était toujours le pilote le plus rapide, Prost gagnerait le titre malgré tout. Et les résultats du début de saison ont eu tendance à confirmer leurs prédictions. À Monaco, quatre ans après sa course époustouflante sous la pluie, Senna avait, aux qualifications, 1,5 seconde d’avance sur Prost, ce qui représente une marge énorme dans le monde de la F1. À la conférence de presse qui a suivi, Senna a ouvert son âme aux médias mondiaux : « Soudain, j’ai réalisé que je ne conduisais plus mon véhicule de manière consciente. J’étais dans une autre dimension. C’est comme si j’étais dans un tunnel. J’avais dépassé la limite mais je pouvais aller encore plus loin ». Ces mots permettent de comprendre à quel point la compétition était une expérience haletante pour lui : c’était un voyage spirituel. Pourtant, Senna restait faillible ; il a perdu la course de Monaco mais remporté la même année le Grand Prix du Japon, devenant le champion du monde devant Prost, avec une voiture McLaren spécialement conçue pour le pilote français.

« Son histoire est fantastique et nous avions cette structure en trois parties sur laquelle travailler, affirme Asif Kapadia : son ascension, son succès et les challenges auxquels il a du faire face quand il est arrivé au sommet. Il y a aussi Balestre, le sale type, Prost le rival aux quatre titres mondiaux et puis le Senna intime : sa famille, ses petites amies, sa relation au Brésil. De la tension, du drame, de la tragédie, c’est de cette matière que tous les films devraient être faits et en plus, c’est la réalité ».

« Avec son ascension irrésistible, ses consécrations comme champion du monde, Senna est largement perçu comme le pilote le plus accompli de la Formule 1. Sa rivalité avec Balestre et Prost, et finalement sa mort constituent les éléments d’une histoire remarquable. Quand vous pensez que le film est terminé, la politique fait irruption, affirme Pandey. Le troisième chapitre du film est déterminant parce que lorsqu’il a tout surmonté, Senna se retrouve face au monde moderne contre lequel il ne peut rien. La machine tue vraiment le héros. Vous savez qu’il est indigné par les tricheries et le fait qu’on n’impose pas les mêmes restrictions aux voitures. À ce moment-là, Senna sait que son sens de la partialité et de l’équité sera bafoué mais il est impuissant. Jamais il ne fera part de cette injustice à la presse car il comprend qu’il perdra toujours. C’est un homme très perspicace ».

Gay-Rees conclut : « Le point fort du film est indubitablement sa structure. C’est l’histoire d’une ascension et d’une chute. En définitive, c’est la meilleure conclusion possible du film ».

Archives

Senna, film documentaire au cinéma
L'équipe du film a dû fournir un travail conséquent pour examiner toutes les pièces d'archives qu'elle avait en sa possession. Le film mêle aussi bien des vidéos issues de Youtube que des séquences en super 8 et 35 mm. Le réalisateur décrit Senna comme "une mosaïque [...] assemblée" :" Si vous regardez de près, vous n’êtes pas sûr de ce que vous voyez. Notre film ne sera jamais parfait techniquement. Vous reculez et vous découvrez alors une belle pièce architecturale à la Gaudi."

Jeudi 5 Mai 2011 - 18:39



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