Connectez-vous S'inscrire

Sergent Garcia - Mascaras

17 Juillet 2006




S’il fut l’instigateur de la salsa muffin, évident et pourtant novateur cocktail des deux musiques majeures issues de la Caraïbe –le reggae et la salsa, et si ce faisant il annonçait d’autres mélanges de ce type (reggaeton en tête) qui enflamment ces jours-ci l’Amérique latine du Nord au Sud, force est de reconnaître que l’œuvre de Bruno « Sergent » Garcia dépasse largement les limites d’une recette, aussi savoureuse et originale soit elle.

De ses années punk, comme guitariste des cultissimes Ludwig Von 88, Bruno a gardé une propension certaine au dynamitage de tout ce qui s’apparente aux conventions, habitudes et autres enclumes à la création. Après quatre albums, couronnés d’un succès international, qui l’ont vu passer d’une musique imaginée et produite chez lui avec des machines (« Viva el Sargento ») à l’enregistrement avec une formation complète de musiciens rappelant les grandes heures de la Fania (« Un Poquito Quemao », l’album de la consécration et surtout le raffiné « Sin Fronteras ») en passant par une plongée aux sources et aux fondamentaux (Jamaïque et Cuba) avec « La Semilla Escondida », le Sergent Garcia nous revient - après trois ans d’absence et la sortie d’un Best of - avec « Mascaras », le disque le plus abouti et le plus libre de sa carrière.

« J’avais envie de jeter une passerelle entre toutes les expériences tentées lors des albums précédents » nous explique-t-il. « Le fait d’avoir tourné pendant ces deux dernières années, aussi bien en grande formation qu’en soundsystem, m’a permis de jouer et voyager sur tous les continents. Et constater à quel point il existait une musique urbaine, un son des grandes villes qui, même s’il s’appuie sur des traditions locales différentes, contribue à une onde globale et universelle. Je voulais avec ce disque revenir à quelque chose de plus moderne, plus urbain. Utiliser de nouveau les machines tout en gardant cette saveur organique qu’apportent les instruments traditionnels ».
C’est dans cette optique ouverte et internationale que furent conçus, en collaboration avec le percussionniste Ivan Montoya, en deux mois, entre Valencia et Paris, les douze titres de ce nouvel opus.

Pour la production, le Sergent est allé chercher du renfort auprès de Toy Hernandez, l’un des producteurs contemporains les plus en vue dans le monde de la musique latine.
« Je connaissais son travail au sein de Control Machete (NDR : feu groupe de rap mexicano le plus populaire dans son pays et à l’international, les Beastie Boys en étaient fans), sa maîtrise du son hip-hop » continue Bruno. « Mais j’avais repéré aussi, sur d’autres productions ou lors de ses sets de DJ, qu’il avait une réelle sensibilité pour traiter les instruments acoustiques. Il connaît bien les styles traditionnels, notamment la Cumbia (1) qui est une composante importante des chansons que j’avais en tête. Toy sait comment intégrer le son de l’accordéon d’un gars qui joue dans des orchestres de rue à des riddims purement électroniques. De surcroît je trouvais intéressant l’idée d’aller enregistrer au Mexique, c’est le pays qui me semble le plus en pointe dans la mixité : une charnière, culturelle et géographique, entre tradition et modernité, Nord et Sud. »

Si sur certains titres el Sargento nous rappelle sa maîtrise de styles purs, qu’il s’agisse du reggae roots (le très lover « Non Words » ou « Les 5 sens du guerrier »), du rocksteady (« Guantanamo City » et son texte concerné), de la salsa la plus incandescente (« Eres tu » ou « En este mundo de locos », une reprise du groupe cubain Sur Caribe) ou même de la ballade (« Tantas Cosas » en duo avec la chanteuse Yaité Ramos), c’est plutôt du côté des mélanges les plus détonants et inattendus qu’il faut chercher la couleur générale de « Mascaras ». Cumbia et hip-hop (« Dulce con chile », « Si solo fuera yo un pajaro »), reggae et rap (« Toi tu es là bas »), mambo et reggaeton (« Pintame »)… Le Sergent Garcia s’amuse à secouer tous les ingrédients hautement explosifs à sa portée pour un carnaval de rythmes culminant avec un instrumental haute–énergie (« El camion no para ») : fusion de funk, afro-beat, et salsa dont l’embrasement devrait être un des grands moments sur les scènes de la tournée de plus de quarante dates débutant l’été 2006. En un tour d’horizon festif et éclaté de quelques-uns des sons qui font bouger la planète, cette nouvel album du Sergent prolonge jusqu’à faire se rejoindre les rues de Mexico, Barranquilla, Los Angeles, Kingston, Lagos, Paris et Valence.

Le premier single « Dulce con Chile » (Une douceur au piment) résume à merveille les riches composantes du disque dont il est extrait. L’histoire d’une dispute et d’une réconciliation entre amants où les rythmiques hip hop et ragga de la jungle urbaine s’envolent au contact de l’accordéon et des percussions de la Cumbia la plus enivrante.

Quant au titre de l’album « Mascaras » (Masques), Bruno l’explique :
« C’est un hommage à la lucha libre (sorte de catch très populaire au Mexique). Les plus grands dans ce sport portent des masques spécifiques. Ils ne sortent jamais en public sans leur masque, certains vont même jusqu’à se faire enterrer avec. J’aime l’esthétique, le graphisme de ces masques. Et puis c’est un moyen de rappeler qu’au fond, tout le monde avance masqué. Que rien n’est vraiment exactement ce qu’il a l’air d’être. À moins que ce ne soit un clin d’œil à Zorro, le nécessaire alter ego au Sergent Garcia… ».

1) La Cumbia est née à l’origine en Colombie. Musique de danse et de fête où prédominent les percussions et l’accordéon, campagnarde mais ayant rapidement conquis les villes, elle est comme le Son à Cuba, le Blues aux USA ou la Samba au Brésil : le fruit d’une sensuelle rencontre entre l’Afrique et l’Europe. Plus facile à danser, plus universelle que - par exemple- la salsa ou le tango, la Cumbia, avec ses mélodies simples mais accrocheuses, a largement dépassé ses frontières d’origine pour devenir l’idiome musical commun à toute l’Amérique Latine de l’Argentine au Mexique en passant par le Pérou et le Venezuela. Depuis une dizaine d’années une jeune génération de musiciens se l’est réappropriée, affirmant ainsi son identité latine tout en faisant subir à la Cumbia une cure de jouvence en la croisant avec l’électronique, le hip hop ou le rock.

www.sergentgarcia.com
http://www.myspace.com/sergentgarciasargentogarcia

Les concerts

10/06 : CRANS SUR CELIGNY (CH) - Caribana festival 16/06 : VILLEURBANNE (69) - Festival Les Invites 17/06 : SAINT - GEORGES DE DIDONNE (17) 21/06 : PARIS (75) - Fête de la musique / Métro 22/06 : OEROL FESTIVAL (HOL) - The Frisian island of Terschelling 23/06 : AMSTERDAM (HOL) - Roots Festival 24/06 : CARMAUX (81) - Summer Festival 25/06 : AUDINCOURT (25) - Festival Rencontres & Racines 30/06 : ROSKILDE (Danemark) - Roskilde Festival 01/07 : BRUXELLES (BEL) - Couleur Café 03/07 : BERLIN (ALL) 05/07 : ISTANBUL (Turquie) - Jazz Festival 08/07 : ST - DENIS DE GASTINE (53) - Au Foin de la Rue 10/07 : CARCASSONNE (11) - Festival de la Bastide 12/07 : AGADIR (Maroc) - Agadir Festival 15/07 : LANGUIDIC (56) - Festival Rocklang 16/07 : TOURS (37) - Festival Terres de Son 21/07 : NEOULES (83) - Festival de Néoules 23/07 : LAON (02) - Le Concert 28/07 : JALLAIS (49) - Les Nuits Vertes 29/07 : BIARRITZ (64) - Les Extravagances 31/07 : ESTAVAYER LE LAC (CH ) - L'estival 02/08 : MARSEILLAN (34) - Festival Destination Soleil 04/08 : LES VANS (07) - Festival Ard'Afrique 05/08 : SELESTAT (67) - Lez'Arts Scéniques 06/08 : SELESTAT (67) - Lez'Arts Scéniques 07/08 : ST - FLORENT (Corse) - Festival Porto Latino

Mercredi 7 Juin 2006 - 03:50
sur cette page