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Sexe et Chanson. Episode 4: le thème de l'homosexualité.




C'est déjà le dernier chapitre de cette série Sexe et Chanson qui a fait couler un fleuve de refrains fougueux, de couplets hédonistes et de baisers d'ombre. Cette semaine, les tubes qui parlent de façon directe ou indicible de l'amour gay ou bi.

Le thème de l'homosexualité dans la chanson a vécu son grand huit depuis un siècle avec des calembours bien relouds ("le trou de mon quai"), des paroles frivoles ou/subtiles, d'autres carrément cryptées.

Je m'arrête un instant sur Charles Trénet et les nuits ambigues du Jardin extraordinaire ( Les Tuileries), un classique oblique bien connu de tous. Le fou chantant avait un talent fou pour les double sens et les sens interdits, j'ai eu la chance de passer une journée avec lui quelque temps avant sa disparition, c'était un vieux monsieur vif et coquin, qui ne mettait pas de mors à ses mots.

Justement, un mot avant d'oublier, à propos des amours secrètes de ces Pingouins aux smokings de dandys et donc des pingouines célébrées par une Juliette Gréco toujours très en avance sur son temps. Et deux mots sur les chansons interlopes qui courrent au moins depuis Susy Solidor, je ne vais pas dresser la liste, l'historien Martin Penet l'a déjà très bien fait.

Les chansons ont toutes une histoire comme le raconte si bien Frédéric Zeitoun. Alain Bashung expliquait qu'un Gaby - oui le Gaby de son tube "bien plus belle que Mauricette/T'es comme un pétard qu'attend plus qu'une allumette" - "était un homo. "C'est ainsi qu'on les appelait", disait-il.

Gaby? Ce qualificatif m'a toujours intrigué et je n'en ai appris l'origine que récemment par Jacques Dutronc himself. C'est lui qui avait ainsi surnommé le patron (gay) d'un club de Paname - un certain Gabriel. D'où le terme: un Gaby. D'ailleurs, si l'on enlève le b...

Dans la série décryptons, déshabillons les paroles et voyageons entre les lignes, Nuit magique, de Catherine Lara (écrit par Plamondon) revèle si on l'a décidé une re-lecture des rencontres de hasard dans les villes anonymes. Lara chanta plus tard Entre elle et moi avec Véronique Sanson, d'autant plus limpide cette fois-ci que la chanson était tirée de sa comédie musicale Sand et les romantiques.

Les années glam, Nuits fauves et totalement bi résonnent évidemment dans le Top 50 des eighties et du début des années 1990 avec l'éloquent 3ème sexe (Indochine) mais aussi Tu me divises par deux, de Marc Lavoine et Attraction désastre, d' Etienne Daho. Le chanteur de Pop Satori y chuchote: "était-ce une quille ou un glaçon, va savoir.../Dans le noir, dans le ton/ quelque soit l'abandon/pourvu qu'il soit le bon."

Je passe en vitesse sur Sans contrefaçon, de Mylène Farmer, élue chanson gay des 25 dernières années me souffle-t-on, un tube qui a ouvert la porte à des chansons plus sociales, gay friendly, androgynes, militant pour un droit à l'indifférence. Mecano (Une femme avec une femme), Zazie (Adam et Yves), Carla Bruni (Le Plus beau du quartier), Renaud (P'tit pédé), etc etc

Et je monte le son pour écouter ceux qui partent en guerre contre l'érotiquement correct.

A savoir Damien Saez et son très très cru Défoncé/défonce-moi aux "lyrics explicits" et donc interdit aux enfants. Le clip est ci-dessous.

Saez ose comme les Sexy Sushi (Petit PD) bousculer la chanson, cracher le désir comme il l'entend, et ils ne sont vraiment pas si nombreux dans cette catégorie.

Et voilà. C'était suite et fin du voyage au pays des corps inflammables...

Mercredi 25 Août 2010 - 13:05



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