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Soma -Soma

Sortie 05 Octobre 2009


Véritable groupe de scène, avec plus d’une centaine de concerts à leur actif, les Soma sont un quatuor de rock influencé par Supergrass, Jet, The Hives. Un 1er EP éponyme sort le 5 octobre, avant l’album annoncée pour janvier. Il bénéficie du gros son de Dave Sardy au mixage (producteur de Supergrass, Oasis, Jet, Rage Against The Machine), c’est la première fois que ce producteur « star » de Los Angeles travaille avec un groupe français. Il avait toujours refusé, jusqu’à se prendre la claque Soma… à vous de la prendre maintenant!



Soma -Soma
L'histoire commence de manière classique : quatre potes sur les bancs d'un lycée au milieu des années 90 se retrouvent autour d'une passion commune pour le rock, et notamment les Smashing Pumpkins qui font l'unanimité au sein du groupe. De Billy Corgan et ses citrouilles, Lionnel, Seb, Tom B. et Tom F. admirent avant tout la capacité à tresser les pathologies contradictoires : délicatesse neurasthénique et fureur hystériques en cohabitation permanente, comme sur ce morceau de Siamese Dreams intitulé… "Soma". Et bien que leur gloutonnerie musicale les a poussés à ingurgiter durant toutes ces années les albums d'Oasis, Supergrass, The Divine Comedy, Electric Soft Parade ou Jet, Soma n'a jamais eu d'autre prétention que de jouer une musique qui lui est propre, n'utilisant ces illustres influences que pour relever ici ou là un plat déjà consistant. Avec de telles ascendances anglo-saxonnes, la langue anglaise est adoptée d'office, pour sa musicalité et ces émotions qu'elle seule sait transmettre (ce qui n'empêche pas le français de faire une incursion remarquées sur "James Dean").

Véritable groupe de scène, avec plus d'une centaine de concerts à leur actif, Soma passe la vitesse supérieure et sort enfin son premier album. Incapable de trancher entre l'évidence des mélodies pop et l'agression salvatrice du rock, Jewel and the Orchestra est à l'image de ses créateurs et oscille constamment entre ces deux tendances, qui ne sont jamais aussi fortes que lorsqu'elles se télescopent lors d'heureuses collisions. Comme le tubesque "Get Down" qui ouvre l'album sur ce qui ressemble à l'improbable combinaison d'un riff des Hives et des envolées pop discoïdes des Killers. Sur ses talons, on trouve un "The Backyard" tout aussi décomplexé, où les riffs rock des couplets et la puissance pop du refrain s'entremêlent jusqu'à un final rugissant ses décibels trempés de nostalgie. « On voulait un truc à la fois pop classieuse et rock nerveux pour faire le lien entre les morceaux pop et les rock de l'album. Avec ces deux entités qui cohabitent, cette chanson est celle qui nous résume le mieux au final. » Les chœurs aériens de "Funeral Party" et son épitaphe festive vous invitent à un enterrement d'un genre un peu particulier. "James Dean" et son come-back fantasmé confronte l'insouciance autodestructrice des années "live fast, die young" à nos sociétés actuelles empêtrées dans une course au "toujours plus safe" frôlant parfois le ridicule ; c'est aussi le thème de "Frisco", cavalcade essoufflée dans les rues de San Francisco à la poursuite des fantômes chimiques de Kerouac et Ferlinghetti qui planent encore sur la capitale beatnik.

Petite comptine orchestrale, "Jewel and the Orchestra" convoque mélodicas et timbales à une incursion furtive dans un univers mélancolique proche de The Divine Comedy. « Cette chanson a été composée pendant l'enregistrement au studio Black Box. Après une journée harassante, j'ai pris la guitare et j'ai chanté cette chanson comme ça. Antoine (le réalisateur) et Vincent (le directeur artistique) se sont retournés dans la cabine et ont demandé "C'est de qui, ça ?" Et vu tous les instruments étaient déjà rangés, on s'est mis en tête de l'enregistrer avec ce qui traînait dans une vieille cagette : un mélodica, des cymbales toutes pétées, des maracas, une vieille cabine Leslie, des toms usés et une guitare acoustique… C'est ce qui donne à la chanson son cachet unique. On a commencé à deux heures du mat' et on ne s'est pas couchés tant que le morceau n'était pas dans la boîte ! » Sur "So Fine", Soma fait étal de toute son érudition pop sixties (celle des Turtles, des Zombies ou – désolé – des Beatles) et brode des arrangements délicats qui mutent sur la dernière minute en un flamboyant gospel "beachboyesque" aux faux airs d'hymne de stade. Avec son riff percussif et monocorde, "20 Minutes" martèle son urgence métronomique sur ce disco anthracite strié de guitares tranchantes ; un tube vénéneux certifié en 3'33" chrono qui n'a pas fini de déchaîner les foules et affoler les ondes. Enfin, "Vanity" et ses incessants allers-retours rythmiques clôt l'album sur une impeccable turbulence proto-symphonique.

Féru de son et d'arrangements, le groupe a tenu à enregistrer les chansons de Jewel and the Orchestra en analogique au studio Black Box d'Angers (Last Shadow Puppets, Klaxons, dEUS, Deportivo...) sous la houlette d'Antoine Gaillet (Mademoiselle K, M83…). Ils réaliseront ensuite un rêve en faisant mixer l'album à Los Angeles par une de leurs idoles, Dave Sardy, qui a notamment produit Oasis, Cold War Kids, Jet ou les Dandy Warhols. Soma devenant le premier groupe français avec lequel l'Américain acceptera de travailler.

Dans Le Meilleur des Mondes, Aldous Huxley décrit le soma comme une drogue supprimant toute forme d'émotion ; Jewel and the Orchestra en serait alors l'antidote…

Mardi 8 Septembre 2009 - 12:00



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