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Taken de Pierre Morel




Que peut-on imaginer de pire pour un père que d'assister impuissant à l'enlèvement de sa fille via un téléphone portable ? C'est le cauchemar vécu par Bryan, ancien agent des services secrets américains, qui n'a que quelques heures pour arracher Kim des mains d'un redoutable gang spécialisé dans la traite des femmes. Premier problème à résoudre : il est à Los Angeles, elle vient de se faire enlever à Paris.

De Pierre Morel
Avec Liam Neeson, Maggie Grace, Famke Janssen

Après la banlieue
Avant Taken, le réalisateur Pierre Morel s'est avant tout distingué comme chef opérateur (il a notamment travaillé sur Taxi 4 ou Danny the dog). C'est en 2004 avec Banlieue 13 qu'il a connu sa première expérience en tant que réalisateur. Fort du succès du film (notamment aux Etats-Unis où il bénéficie d'un véritable statut de film culte underground), il a ainsi pu continuer sa collaboration avec Luc Besson qui lui a confié la réalisation de Taken.

"C'est lui ou moi"
Liam Neeson raconte comment il aurait vécu le kidnapping de sa fille : "En tant que père, on ne peut pas imaginer pire. Du coup, on se demande évidemment quelle serait notre réaction face à une telle situation. On imagine ce que l'on infligerait à la personne impliquée dans le kidnapping, et l'on arrive vite à la conclusion que l'on utiliserait toute la force physique en notre pouvoir pour sauver notre enfant. C'est un territoire que j'ai trouvé d'autant plus intéressant à explorer pour moi qui suis traditionnellement partisan de la non-violence, en particulier la violence physique à laquelle Bryan a recours dans le film. Mais son histoire le plonge dans la situation typique du "c'est lui ou moi", et il va jusqu'au bout de ce que lui impose cette situation."

L'enlèvement
Pour tourner la scène de l'enlèvement via téléphone portable, Maggie Grace est venue sur les plateaux pour jouer toutes ses répliques et répondre ainsi à Liam Neeson, permettant ainsi de tourner la scène en plan séquence et de conserver l'intensité souhaitée jusqu'au cri de l'enlèvement proprement dit.

Sans sabre laser...
Si Liam Neeson a fait appel à des doublures pour les cascades les plus dangereuses, c'est lui qui a tourné toutes les scènes de combat. "Le travail était d'autant plus exigeant pour lui que je ne voulais pas trop jouer sur les effets de caméra pour accélérer l'action, explique Pierre Morel. Liam a vraiment appris à se battre très sérieusement." Le comédien irlandais n'est toutefois pas un novice dans le genre puisqu'il avait manié le sabre pour Star Wars : Episode I - La Menace fantôme et avait incarné un maître des arts martiaux dans Batman Begins.

Paris
"Je ne voulais surtout pas d'une image stylisée ni d'un Paris "cosmétique", explique Pierre Morel, mais plutôt obtenir un effet brut, qui ressemble au vrai Paris. L'idée était d'aboutir au résultat le plus réaliste possible, avec une image non éclairée en quelque sorte." Le réalisateur a également cherché à éviter de représenter un Paris de carte postale, ce qui a provoqué quelques mésaventures : "On a donc cherché des endroits très parisiens, tout en évitant le côté carte postale. Quitte à se retrouver sur les Champs-Elysées le lendemain des élections présidentielles, sans avoir prévu que le nouveau président défilerait ce jour-là en bloquant la moitié du secteur ! On a dû tourner entre les barrières de CRS..."

L'après Michael Mann...
Suivant la voie tracée par Michael Mann dans Collateral, Pierre Morel a choisi de filmer en numérique la plupart des scènes nocturnes. Seule la scène du chantier qui était éprouvante pour le matériel a été tournée en 35mm classique.

Tournage à la française
Habitué des grosses productions américaines, Liam Neeson a reconnu que de travailler avec une équipe française avait quelques avantages... "Un bon point : la forte présence féminine au sein de l'équipe, explique l'acteur. Je suis très sensible à l'énergie combinée des hommes et des femmes sur un plateau, mais les tournages anglais ou américains comptent généralement une majorité écrasante de collaborateurs masculins. J'ai également apprécié les horaires français, très civilisés ! Les journées de travail, partagées entre les répétitions des combats et le tournage, restaient épuisantes, mais on avait le réconfort d'une nuit entière pour récupérer. Sans oublier le plaisir que j'ai pris à goûter à la qualité de vie parisienne..."


Mercredi 6 Février 2008 - 00:16
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