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Téléchargez, c'est la pub qui paye !




Téléchargez, c'est la pub qui paye !
Faire mieux qu'Apple. Peu d'entreprises peuvent s'en targuer mais c'est pourtant ce que revendique le site de téléchargement Beezik. Il affirme avoir permis le téléchargement de 1,4 millions de singles sur Internet le mois dernier, soit plus qu'iTunes, la plate-forme de téléchargement de la firme à la pomme qui domine le marché mondial de la distribution de musique.

La recette du phénomène est des plus simples. Lancé il y a six mois, Beezik a réussi à réconcilier deux mots fâchés sur Internet : légal et gratuit. Et l'astuce tient en trois lettres : P-U-B. Parce que la vraie gratuité n'existe pas, sur le Web comme ailleurs, Beezik s'est tourné vers les annonceurs pour financer ces millions de fichiers MP3 offerts aux internautes.

Comment ça marche ?

Sur le site, le million d'internautes déjà inscrit peut choisir parmi un catalogue plus trois millions de titres à télécharger sur ordinateur, à volonté, et transférables sur baladeur MP3. Beezik a signé des accords pour donner un accès sans limite à l'intégralité des catalogues des majors Universal et EMI. "Nous proposons la plupart des grandes stars, 90% du top 40, mais pas seulement : nous avons signé avec des éditeurs indépendants comme The Orchard, Believe ou Naive ", vante Jean Canzoneri, un des fondateurs du site.

Après avoir choisi le morceau qu'ils souhaitent télécharger - du "Telephone" de Lady Gaga à celui qui pleure de Claude François - les internautes sont invités à choisir la publicité qu'ils vont regarder, pour payer leur musique avec leurs yeux... Ce vendredi pour télécharger le "Feeling this" de Blink 182, vous aviez donc le choix entre des spots d'une trentaine de secondes pour des fringues, un fast-food ou des voitures. Et si vous pensiez profiter de cette courte page de pub pour vaquer à d'autres occupations, oubliez ! Une fois terminé le spot, qui s'affiche sur tout l'écran, les internautes n'ont que quelques secondes pour valider leur téléchargement. Faute de cliquer, il faut repartir pour une nouvelle pub.

"Vous venez d'économiser 0,99 €"

Une fois le ficher enregistré, Beezik assène une dernière fois son argument en béton, celui de la gratuité. "Vous venez d'économiser 0,99 €", affiche le site, en allusion au prix d'un single sur un site de téléchargement payant. Ces morceaux, Beezik les payent bel et bien aux majors, à un prix cassé mais tenu secret. Pour régler la facture, plusieurs centaines de milliers d'euros par mois, les annonceurs versent au site autour de 30 centimes d'euros pour chaque spot visionné.

"Nous avons déjà 40 annonceurs qui nous sont fidèles car c'est le format publicitaire sur Internet qui permet le niveau de mémorisation de la publicité le plus élevé, que nous estimons même supérieur à celui du cinéma. Grâce à ce système, nous sommes devenus le premier site de musique en ligne gratuite à avoir un modèle économique profitable", se réjouit Jean Canzoneri. Autre argument de poids : si les ados sont sans surprise des adeptes de Beezik, les femmes entre 30 et 40 ans, très appréciées des publicitaires, sont les plus fidèles au service.

Le coup de pouce d'Hadopi

Hadopi, le mot qui hérisse tous ceux qui téléchargent illégalement, devrait donner un nouveau coup de boost à Beezik. Un sujet d'Envoyé Spécial sur le piratage avait permis au site de se faire connaître du grand public, la mise en place de la loi contre le téléchargement illégal entre le début de l'été et l'automne devrait lui permettre de prendre un nouvel essor. "Forcément, quand les mails d'avertissements vont commencer à être envoyés, une partie de la population va prendre conscience qu'elle ne peut plus télécharger illégalement. Elle viendra peut être nous rejoindre", se félicite Jean Canzoneri.

Sur un autre front, Beezik vient de passer le cap du mobile avec une application disponible sur les téléphones Blackberry, Androïd et lancée lundi sur l'iPhone. "C'était une des très fortes demandes de nos utilisateurs. En un jour, sans communication nous sommes devenus l'application la plus téléchargée de tout l'App Store, la boutique en ligne d'Apple", se régale le fondateur du site. L'application iPhone permet de récupérer directement sur son téléphone tous les fichiers déjà téléchargés sur son ordinateur mais aussi de les méler à ceux qu'on a bel et bien achetés sur son iPhone. Il faut dire que pour une discothèque de 1000 titres de musique "gratuite", il faut avoir ingurgité près de 10 heures de pub. Payer peut aussi avoir du bon...

Vendredi 7 Mai 2010 - 14:09



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