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The Kooks - Inside In / Inside Out

Sortie depuis le 2 octobre 2006


Déjà plus d'un million d'album vendus en Angleterre ! Après le succès des singles "Eddie's Gun", "Sofa Song" et "You Don't Love Me", "Naïve", "She Moves In Her Own Way"...



Il arrive parfois à certains artistes d’avoir trop d’inspiration. Tandis que certains se contentent de piller indéfiniment « Love Will Tear Us Apart », il y en a d’autres – du genre brillants et gloutons – qui s’empiffrent allègrement des multiples recettes du rock au point de déborder d’idées sans se fixer de limites. C’est justement un groupe de cet acabit qui a franchi le 6 juillet dernier le seuil des Konk Studios de Crouch End, prêt à affronter une séance d’entraînement cruciale.

“L’idée de départ depuis la création de ce groupe était d’être éclectique et ouvert,” déclare Luke Pritchard, le chanteur de Kooks âgé de 20 ans à peine. “Le mélange de styles et d’influences est davantage lié aux circonstances. Personne ne dirige vraiment le groupe, chacun d’entre nous aime des choses différentes et c’est pour ça que le disque part dans plusieurs directions. Nous avons plein d’influences reggae, funk et soul – il y a même un peu de jazz, mais rien de très exceptionnel. C’est ce que nous avons toujours voulu faire. Avant d’écrire les chansons, on s’est posé la question de savoir ce qu’on aimait, mais on était incapable de mettre un artiste en avant, parce qu’il y en a tellement qui nous plaisent.”

C’est donc au terme de quelques six douloureuses semaines consacrées à faire une sélection parmi une myriade de titres – littéralement des centaines écrits depuis leur formation dans le cadre de l’école à Brighton en 2003 – pour n’en retenir qu’une poignée destinés à être enregistrés sur leur premier album, les Kooks débarquent à Konk des idées plein la tête. Etaient-ils funk? Pop acoustique ? Future jazz? Rock rebelle psycho-punk ? Ils étaient tout cela à la fois et bien davantage encore. Leur étonnant premier single « Eddie’s Gun » (un morceau rock qui évoque les humiliations liées à un dysfonctionnement érectile) était une sorte de reprise punk de XTC écrasé par les Beatles de « I Need You », tandis que son successeur « The Sofa Song », classé dans le Top 30 outre-Manche, est un morceau enjoué et irrésistible qui n’est pas sans évoquer les La’s. A côté de ça ils avaient aussi plein de chansons portant l’empreinte du Velvet Underground, de Marvin Gaye, des Clash, des Kinks, Bobby Womack ou même Prince. Au terme de deux années passées à composer sauvagement plein de chansons éclectiques, les Kooks semblaient en quête d’identité.

“Nous passons en revue plusieurs styles : funk, reggae, ska,” déclare le guitariste Hugh Harris, “mais notre objectif était également de réaliser un vrai disque rock’n’roll avec des chansons simples, efficaces et passionnées.”

Pour ce faire, il leur fallait donc passer à la vitesse supérieure. C’est là qu’intervient à la production le sergent instructeur Tony Hoffer (Belle & Sebastian, Beck, The Thrills, Phoenix…), qui va s’emparer de cet ensemble indigeste pour le transformer, au terme de six semaines de labeur, nuit et jour, à Konk, en un premier opus tout en souplesse et plus homogène, surprenant de bout en bout – un assortiment musical soulignant l’inventivité et la vitalité de Kooks (accompagné du bassiste Max Rafferty et du batteur Paul Garred) sans jamais rien sacrifier de son état d’esprit fonceur. « Inside In / Inside Out » est le genre de disque qui défie toute tentative de classification et que les groupes de Liverpool, trop préoccupés à mettre leurs tenues de samouraï, n’ont jamais pris la peine de faire. Un disque qui vous prend par la main et vous emmène le long d’un chemin tortueux hantés par quelques ombres : si « Seaside » sert d’intro acoustique agréable, « See The World » surgit brusquement des dunes tel un Hot Hot Heat enragé. « Ooh La », qui évoque une pauvre ex-ravagée par la vie, est talonnée d’un incisif et virulent « You Don’t Love Me ». Un album tantôt tranchant, tantôt convivial qui, de « She Moves In Her Own Way », un titre entraînant à écouter autour d’un feu de camp avec les Zutons, au funk-ska de « Matchbox » jusqu’à un « Jackie Big Tits » (d’après le nom d’un personnage de Sexy Beast), qui n’est pas sans évoquer « Half A World Away », demeurera comme le premier opus le plus étonnant, ambitieux et inspiré de l’année 2006. Voire même le plus en colère.

“Les chansons évoquent les relations entre les gens et les stigmates dont ils souffrent,” explique Luke. Eddie’s Gun parle d’un problème d’érection, c’est un stigmate n’est-ce pas ? Alors que See The World ou Time Waits For No Man, évoquent davantage les frustrations par rapport aux situations dans lesquelles on peut se retrouver. On trouve souvent que rien ne va, que les choses ne se passent pas comme on le souhaiterait, ces chansons parlent de ça. Elles expriment toutes une certaine colère, c’est peut-être pour ça qu’on leur trouve un feeling punk. C’est la colère qui vient de la frustration.”

« Inside In / Inside Out » n’est pas un album qui va uniquement choquer ou toucher l’auditeur, c’est aussi un disque qui remet en question. Il suffit d’imaginer le bond musical qu’il faut faire pour passer de « Sofa Song » au mélancolique « Got No Love » ou encore un « I Want You Back » néo-Cure en dents de scie ou un « If Only » exubérant. Tandis que leurs fans s’efforcent de suivre leurs incursions frivoles, The Kooks ont bien l’intention d’explorer d’autres territoires inconnus – ils envisagent de sortir un nouvel EP et un mini-album avant de s’attaquer vraiment à leur deuxième opus, tels des explorateurs sonores infatigables.

“Nous avons encore tellement de choses en nous,” dit Luke, “Il y a encore tant de choses à jouer. Cet album n’est pas représentatif de tout ce dont nous sommes capables. Réaliser un disque est déjà en soi un truc un peu dingue. Il faut rédiger toutes les idées qui te passent par la tête et, à un moment donné, dire : voilà, c’est fini, c’est quand même bizarre. Même dans l’album, le producteur nous a tellement poussés à essayer de ne pas trop nous éparpiller. C’est tellement dur de renoncer à certaines choses. Nous voulons continuer à sortir des disques différents dans des genres différents. Nous voulons surprendre les gens.”

On peut donc peut-être dire, qu’à l’instar d’un auditeur qui ne savait qui étaient les Kooks avant d’entendre ce disque, peut-être les Kooks ne savaient-ils pas qui ils étaient avant de le faire.

Luke sourit en connaissance de cause : “Je ne pense pas être à même de dire quel est le son du groupe aujourd’hui.”

les Kooks en tournée en France !

9/11 : LILLE / FESTIVAL DES INROCKS
10/11 : PARIS / FESTIVAL DES INROCKS
11/11 : NANTES / FESTIVAL DES INROCKS
13/11 : BORDEAUX / FESTIVAL DES INROCKS
14/11 : CLERMONT-FERRAND
16/11 : LORIENT
17/11 : SAINT-LO
18/11 : STRASBOURG

Mardi 10 Octobre 2006 - 20:51
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