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The Magic Numbers - Those The Brokes

Sortie le 6 novembre 2006




Pas de temps perdu. Pas de prise de tête et pas de chansons à propos des difficultés d’être une rock-star. Dix-sept mois après leur premier rayon de soleil, le second album des Magic Numbers est prêt à entrer dans votre vie et à démontrer que la pop de Romeo Stodart a conservé tout son éclat.

Si on a le sentiment que les Magic Numbers ne sont jamais partis c’est parce qu’ils ont toujours été là. A tourner et jouer les chansons de leur premier album, certifié double platine, comme lors de ce show triomphal à la Brixton Academy en février dernier, suivi de dates aux USA. Ils se sont bien enfermés, cet été, pour enregistrer ce second disque, mais sont repartis sur la route depuis, aux Etats-Unis avec les Flaming Lips et Sonic Youth, puis au V Festival et à l’Eden Project en Angleterre où ils ont dévoilé quelques-uns de leurs remarquables nouveaux morceaux.

“On ne s’est pas arrêté” dit Romeo (29 ans) qui écrit l’essentiel des chansons et échange les harmonies avec Michele (23 ans), sa sœur bassiste, et la multi-instrumentiste Angel Cannon (21 ans). Le frère d’Angela, Sean (trente ans), joue de la batterie et complète le quatuor. “On ne voulait pas faire de break, on a préféré retourner vite en studio pour enregistrer nos nouvelles chansons. Pas question de se la couler douce pendant des mois et se sentir rouillé après.”

Logiquement donc, “Those The Brokes” a été essentiellement écrit sur la route sans que le succès monte à la tête de Romeo ou que le fait de vivre une valise à la main ne nuise à son talent naturel. Les grandes chansons tombent de la poche de cet homme comme de la petite monnaie. On a pu le constater en écoutant les faces B des Magic Numbers ou la ballade “Gone Are The Days”, leur contribution à “Help!”, la compilation de Warchild. “J’adore être avec les autres en permanence mais j’aime également me retrouver, dit Romeo. Je dors à de drôles d’heures et lorsque les autres sont endormis, je suis à l’arrière du bus avec ma guitare.”

Etre revenu si vite n’est pas non plus le signe d’un manque d’évolution musicale. Pour la première fois, il y a des cordes sur un titre des Magic Numbers (le complexe “Boy”), arrangées par Robert Kirby, réputé pour ses collaborations avec Nick Drake sur “Five Leaves Left” et “Bryter Later”. D’un naturel plutôt timide, les filles du groupe n’ont cette fois pas hésité à se mettre en avant. Michele se pâme tout au long d’un “Take Me Or Leave Me” à briser le cœur sur lequel elle joue pratiquement tous les instruments, tandis qu’Angela chante la voix principale de “Undecided”, un titre soul particulièrement poignant.

En fait, ce groupe pas très sûr de lui a énormément gagné en confiance. Convaincus que personne ne pourrait obtenir le son qu’il voulait à sa place, les Stodart ont décidé de produire le disque avec l’aide de l’ingénieur du son Richard Wilkinson. Inspirés par la vue des Studios Allaire, dans l’état de New York, les Magic Numbers ont façonné treize titres particulièrement profonds et gorgés d’émotion. “Those The Brokes” va vous faire bouger et vous casser le cœur en deux.

Au plan des textes, les sources d’inspiration de Romeo restent inchangées, mais si sa vie sentimentale était simple, des chansons telles que “Love Me Like You” ou “I See You, You See Me” n’existeraient sans doute pas. Pas plus que les nouvelles favorites que sont “Take A Chance” et “You Never Had It”. “Les textes sont davantage le résultat d’observations et beaucoup plus imagés, mais ce disque reste très personnel.”

En ce qui concerne les débuts des Magic Numbers, on se souvient qu’il s’agit d’une simple histoire de copains d’enfance dans une banlieue de Londres, quelque peu compliquée par un coup d’état. Les Stodart ont d’abord vécu à Trinidad où leur mère, chanteuse d’opéra, avait son propre show TV. Mais après plusieurs tentatives des Musulmans pour renverser la République en 1990, la famille est partie pour s’installer à New York puis à Hanwell, à l’Ouest de Londres. Romeo avait seize ans et Michele dix. Leurs voisins, les Gannon ont été leurs premiers amis et Romeo et Sean ont commencé à faire de la musique ensemble. Fans au départ, leurs jeunes sœurs ont ensuite été invitées à rejoindre le groupe pour donner naissance à une musique débordante d’énergie et de joie.

Des concerts réguliers ont suscité l’intérêt de fans de plus en plus nombreux bien avant qu’une maison de disques s’intéresse aux Magic Numbers. Le groupe a joué devant plus de 2000 personnes avant même la parution de son premier single. Lorsque leur premier album est paru, en juin 2005, il s’est immédiatement classé dans le Top 10 auprès de ceux de Coldplay et Oasis. Le disque a été nominé aux Brit Awards et pour le Mercury Prize, et des premières parties de U2 et Brian Wilson ont suivi la remise d’une récompense décernée par Mojo en tant que Meilleur nouveau groupe.

En 2006, il semble qu’un autre Beach Boy a apporté son soutien aux Magic Numbers. “Carl’s Song” a été écrite après que Carl Wilson l’a chantée à Romeo… dans un rêve ! Avec des fans venus de l’au-delà, le groupe prend de plus en plus d’ampleur. Les Magic Numbers ne sont pas partis longtemps, mais ils nous ont manqué, c’est certain.


Samedi 11 Novembre 2006 - 14:26
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