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Thomas Fersen - Best of de Poche




On connait déjà ces chansons. On les connait depuis belle lurette avec toutes sortes de tic tic, de pitich pitich, de wiiiuu wiiiuu, de tirlititi. Les voici tout entièrement en pling pling. Pling pling ici et pling pling là : Thomas Fersen visite son répertoire avec deux ukulélés, le sien et celui de son fidèle guitariste Pierre Sangra.

Le duo d’ukulélés, cela avait d’abord été une « petite » tournée de quelques dates. Puis un petit arrêt au Bataclan. Puis encore des dates, et encore quelques-unes, et cela va reprendre dans quelques semaines. Et cela durera peut-être toujours, entre d’autres tournées tant les sortilèges et les conforts du jeu à deux ukulélés ont fini par séduire Thomas. Une collaboration avec Red Cardell lui permet de découvrir un studio à deux kilomètres de son village, dans le Finistère. « Sur un coup de tête, en septembre », Thomas attaque le best of attendu depuis des années, mais au ukulélé.

Ce n’est pas seulement un instrument de coquines Polynésiennes mollement alanguies : « Il y a quatre tailles d’ukulélés, comme les Dalton. J’ai pris le plus petit, le plus teigneux: le soprano. Pierre a pris le baryton» Voilà tout ce qu’il faut pour attaquer dix-huit titres piochés sur tous les albums de Thomas, s’ajoute une chanson neuve, Georges, échappée du chantier d’un prochain disque, et sa bonne vieille reprise de Bella ciao (« Ma façon de remercier Joseph Racaille, qui a écrit l’arrangement et m’a initié à l’ukulélé »). Comme dans les concerts en duo avec Pierre Sangra, les chansons apparaissent dans une sorte de vérité sobre et légère. Une prime aux chansons simples ? Pas forcément : « Les chansons les plus arrangées sont les plus adaptables, Pierre jouant une réduction de l’arrangement. » Ainsi, Louise, Monsieur ou Pièce montée des grands jours conservent ferveur et sourire dans leur version ukuléliste.

Ça nous rappelle surtout qu’on peut chanter ces chansons, nous aussi. Jadis, les auteurs-compositeurs étaient très heureux de voir partir dans le peuple leurs partitions imprimées sous une couverture illustrée – les falaises de La Paimpolaise, le clocher de Douce France… Aujourd’hui, ce pourrait être ainsi que l’on propose les chansons à chanter, sans les virtuosités du studio et les parades du concert. Sur cet album, elles sont nues comme avec vous et moi.

Mais on vous a un peu menti. Il y a quand même des arrangements sur ce disque. Dans Bijou, quand Thomas chante « Elle vient frapper toc toc toc/Dans ma vie de cloporte », on entend le toc toc toc sur la caisse du ukulélé. Et puis il y a une flûte à bec sur Saint-Jean-du-Doigt. Un peu fausse. Pour le reste, pling pling.

Vendredi 7 Décembre 2007 - 21:31
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