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Wayne Beckford - ALPHA OMEGA” LE 18 AVRIL 2010 (BELIEVE/EMI)


L’énergie des Black Eyed Peas et le sex appeal de James Brown réunis!



Wayne Beckford - ALPHA OMEGA” LE 18 AVRIL 2010 (BELIEVE/EMI)
Beathoven est en passe de devenir un classique. Beathoven, c'est l'explosif Wayne Beckford, qui a hérité de ce surnom à la faveur de son long parcours de hitmaker dans l'ombre des grands noms auxquels il a prêté ses multiples talents - Seal, Rihanna, OutKast, les Black Eyed Peas, Gnarls Barkley, Toni Braxton, UB40... Le clip de son premier single, Dynamite, livré avec Beckfordettes et extrait de l'album Change  n'était que le premier coup de nitroglycérine musicale de l'artiste britannique, dépositaire d'un son festif, fruit d'une hybridation de Motown originelle et de modernité.

« J’ai décidé de faire cet album pour raconter mon histoire. Je l’ai composé avec rage et passion, avec tout mon cœur et toute mon âme. Ce disque, c’est vraiment moi ! Et il était temps… » Wayne Beckford sait de quoi il parle, lui qui, depuis dix ans dans l’ombre des studios américains, écrit et produit pour la crème des artistes internationaux. On ne compte plus ses collaborations prestigieuses, de Akon aux Black Eyed Peas, en passant par Rihanna, Gnarls Barkley, Outkast, Seal, UB40, et même, chez nous, Oxmo Puccino ou China Moses. Les chansons de Wayne Beckford, tout le monde les connaît, sans forcément savoir qu’elles sont de lui. Et il aurait pu continuer ainsi longtemps, lui le fabricant de hits sur mesure, le mercenaire pour stars en quête de tubes, la poule aux disques d’or calibrés. Si un jour il n’avait décidé d’exposer enfin en pleine lumière un talent singulier, jusqu’à présent réservé aux autres.

Le résultat, c’est ce disque étonnant,  intitulé « Alpha Omega ».  La première et la dernière lettre de l’alphabet grec mais aussi le symbole d’un commencement et d’une fin. Le début d’une nouvelle vie, celle d’un artiste complet, qui connaît la musique jusqu’au bout des ongles, la ressent jusqu’au fond des tripes. Un disque qui mélange soul, funk, rhythm’n’blues, jazz, hip hop et reggae, mais avec une patte inimitable, une touche personnelle, à la fois respectueusement classique et farouchement moderne. Résolument différente, donc.  A l’image de « Dynamite », le premier single, véritable bombe rythmique dans la lignée des meilleures productions de James Brown ou Prince. Ou encore « Talking Trash », tendre moquerie des filles qui passent leurs journées au téléphone avec des copines.

Dans « Go mama », Wayne a voulu recréer l’atmosphère des comédies musicales des années 20, l’époque des Incorruptibles et de la Dépression, tandis que  « We’re in need of love », une somptueuse ballade écrite à Londres, chez ses parents, évoque  la nostalgie de ses origines face à la rudesse de l’existence. Un disque éclectique, aux mouvements et aux sentiments variés, comme l’auto-portrait d’un artiste au parcours aussi mouvementé que passionné. Le tout scandé d’une voix à la fois rauque et suave, digne des plus grands chanteurs de soul.

L’histoire commence vraiment au début des années 90, dans la banlieue sud de Londres. Né de parents jamaïcains émigrés en Angleterre, le petit Wayne se passionne pour la musique, initié par un cousin, grand amateur des nouvelles tendances de l’époque,  drum’n’bass ou jungle. Un jour de 1993, le cousin est assassiné au cours d’une rixe. « J’aurai pu tourner mal, me procurer un flingue pour essayer de le venger, raconte Wayne, mais mon oncle a décidé de m’envoyer en Suède pour me mettre à l’abri. » C’est là que le jeune mélomane va parfaire son éducation, lui qui sait lire et écrire la musique, a étudié aussi bien Mozart que la soul des sixties, appris à jouer de tous les instruments qui lui passent entre les mains, batterie, basse, guitare ou piano. Et passe le plus clair de son temps à éplucher sa collection de disques, de Sammy Davis Jr à Stevie Wonder, en passant par Ray Charles, Donny Hathaway, Jimmy Cliff ou Toots and the Maytals : « J’étais capable de rester trois mois enfermé dans ma chambre, à tenter de comprendre comment étaient construites les harmonies, à  analyser les structures d’accords, les rythmes, les arrangements vocaux. Mon entourage pensait que j’étais devenu fou… ».

Fou oui, mais de musique. Pas étonnant donc, de le retrouver quelques années plus tard à Atlanta, engagé par la société de production fondée par Akon, le chanteur de r’n’b multiplatiné.  Son job : écrire des chansons et produire les disques pour les artistes maison, lui qui est capable de composer dans tous les styles, de s’adapter à toutes les personnalités. « On me demandait parfois d’écrire un tube en une demi-heure…Ou bien on  m’appelait à quatre heures du matin pour aider à terminer un enregistrement ou diriger une séance de voix. Je gagnais bien ma vie, mais c’était une existence trépidante et stressante. »

Jusqu’au jour où, entre deux sessions d’enregistrement, Wayne décide de faire un break. D’abandonner un temps le métier de producteur sur mesure pour passer de l’autre côté du micro, de l’autre côté du rideau. Histoire de montrer enfin de quoi il est vraiment capable…

Quand on voit Wayne Beckford sur scène, impossible de ne pas songer à de légendaires figures de la soul music : James Brown pour le rythme, Otis Redding pour l’énergie, Marvin Gaye pour la sensualité. Sauf que Wayne Beckford est lui-même. Un évadé de la « Planet soul » (un des titres de l’album), crooner voluptueux et showman trépidant, mais qui a su ingurgiter et transcender tous les genres pour se forger sa propre identité musicale, à la fois mélodique et énergique, généreuse et explosive. De la dynamite à l’état pur.

 


Vendredi 5 Mars 2010 - 12:49



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